Écœurée
Je suis écœurée de vivre dans ce pays, et d’être belge. Nous nous laissons trop faire : voilà, nous sommes revenus au Moyen-Âge. Pendant que les riches paradent en exhibant leurs richesses, les petites gens, eux, essayent de survivre.
Catherine Franc, Charleroi
Luxe
En Italie, les contrôleurs de la fraude se sont présentés, le 30 décembre, dans une station de ski fréquentée par des gens bien. Ils y ont examiné 27 Ferrari et autres voitures de luxe, dont les propriétaires déclaraient à peine 30 000 euros par ans. Et d’autre disaient avoir difficile pour terminer le mois. Le propriétaire d’un hors-bord de plus de 200 000 euros à Naples gagne et déclare 1 500 euros par mois. Maintenant, ils vont devoir expliquer à la Guardia finanza comment ils font pour se payer ce luxe. En Belgique, je vois des Audi grosse cylindrée et autres voitures haut de gamme, des super villas : y a-t-il un contrôle ? Non, on ira plutôt chez les petits.
Salvatore Palumbo,
Seraing
Réagir,
mais comment ?
Au suivant ! Maintenant, nous ne pourrons plus déduire le prêt hypothécaire de nos impôts. Quand allons-nous réagir pour lutter contre toutes ces décisions ? Que faire ? Les syndicats ou quelqu’un d’autre peuvent-ils élaborer quelque chose ?
En attendant, pas touche aux grandes fortunes, aux intérêts notionnels, aux salaires de nos chers dirigeants. 15 000 euros au lieu de 16 500 : oh le pauvre ! Qui gagne cette somme dans la population ? Il faut réagir, mais comment ?
Martine Beyns Tounquet, Bruxelles
Grèce
Une amie grecque m’écrit : « En Grèce, les choses sont pires maintenant. Pas de travail. Toutes mes amies sont au chômage, mon frère aussi. Je dois envoyer de l’argent à mes parents parfois (même s’ils ne veulent pas), car ils ne peuvent plus payer l’électricité. Le gouvernement grec a coupé 30 % du salaire de mon papa. C’est très mauvais. Pourtant, ce n’est pas seulement la Grèce. Toute l’Europe est comme ça. »
Socialisme
Le socialisme est l’oxygène nécessaire pour permettre aux gens de respirer et avoir droit à une vie décente… Un exercice de réflexion nous enseigne que le PTB est le seul vrai parti socialiste. Tous les autres sont étouffés et empêtrés par leurs propres intérêts. Dorénavant, tout comme moi, faites donc le seul choix judicieux et votez pour le PTB, des camarades pour la vie. Si les médias savaient qu’il y a autre chose que De Wever et consorts. Qu’on se le dise…
Nathalie De Temmerman
L’euro a dix ans
Voici dix ans, l’euro a fait son entrée à grands coups de pub, mais cette euphorie est passée. Des pays comme la Grèce et le Portugal qui, après l’euro, ont vu sombrer leur économie, leur industrie et leur agriculture, sont les grands perdants.
L’Allemagne, par contre, a pu se constituer une excellente position dans les exportations en éliminant la concurrence des pays du Sud. Entre-temps, nous avons hérité une Europe s’appuyant sur la « concurrence totale » entre les pays, une Europe du Big Business en tant que construction de la Table ronde européenne des industriels.
Pourquoi pas une Europe reposant sur la collaboration et la solidarité ? Aujourd’hui déjà, 114 millions de personnes risquent de se retrouver dans la pauvreté, écrit De Morgen (2 janvier 2012). Néanmoins, l’Europe est la région la plus riche au monde : on y gère une fortune de 32 700 milliards d’euros. Ce n’est pas pour rien que le nombre de millionnaires a augmenté de façon si spectaculaire ces dernières années. À elles seules, la France, la Suisse et la Grande-Bretagne comptent déjà 4,8 millions de millionnaires. Pourquoi pas une Europe où chaque habitant pourrait mieux vivre ?
Georges Houtmeyers, Genk
Bpost joue
avec son personnel
Mardi dernier, je suis une fois de plus allé m'inscrire au chômage. Après exactement six mois de service comme auxiliaire de distribution à Bpost, ils ne pouvaient plus m’employer. Tous ces contrats intérimaires et ces primes ambiguës aux employeurs sont déjà douteux en soi, mais, le 18 juin 2011, après avoir été chômeur de longue durée, j’ai signé un contrat à durée indéterminée. Ce contrat mentionnait six mois de période d’essai, en fait, ni plus ni moins que la possibilité pendant six mois de me licencier à peu de frais. Mardi dernier, pile le dernier jour de ma période d’essai, on y était !
« Mauvaise nouvelle, m’a dit le responsable, nous ne pouvons plus utiliser vos services. » Mon C4 est arrivé et la raison qui y figure est : « Ne convient pas pour le travail ». Pourtant, durant ces six mois, hormis une petite faute ou deux, je n’ai pas eu d’avertissement, de réprimande, ni de mesure disciplinaire. Comment est-ce possible, alors ? Quand j’ai été embauché, l’an dernier, trois statutaires étaient malades depuis longtemps. Deux d’entre eux sont revenus et je soupçonne que c’est la raison pour laquelle ils m’ont tout de suite proposé un tel contrat au lieu de me faire faire d’abord une période d’intérim. Alors, on s’y attend, à de telles scènes !
Il faut savoir en plus que, chaque semaine, il y a des tas de candidatures pour Bpost et que ceux qu’on prend sont d’abord mis au travail à peu de frais comme intérimaires. Mais les intérims, c’est un carrousel pour les employeurs : ça leur permet de trouver de la main-d’œuvre à bon marché et de la bazarder ensuite sans les moindres conséquences.
Naturellement, je me suis mis aussi à chercher un emploi, mais Bpost a fait de moi le énième exemple de l’échec des structures néolibérales. En effet, on ne peut pas prétendre que les gens ne veulent pas travailler et qu’il y a trop de chômeurs quand on donne la possibilité aux employeurs de jouer de la sorte avec leur personnel.
Michaël Onkelinx, Heers