
Pour les grandes entreprises et sociétés, le Tax Freedom Day tombe le 14 février. Le FAN et le RJF ont mené une action devant le siège de la FEB. (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)
Le Tax Freedom Day, c’est le jour symbolique à partir duquel « le Belge moyen » ne paie plus d’impôts, en supposant que tout ce qu’il a gagné jusque-là ait servi à couvrir l’impôt. Selon l’étude annuelle de l’entreprise de consultance PricewaterhouseCoopers, ce jour tombait le 10 juin, l’an dernier. Il en ressortait que « pour chaque euro qu’un employé belge reçoit en paiement, son entreprise doit céder 1,43 euro à l’État. Pour rester compétitive, la Belgique doit choisir : soit payer moins les employés, soit donner moins au gouvernement ».
La Belgique : l’enfer fiscal sur la mer du Nord. Ou pas ? Eric Goeman, porte-parole du Financieel Actie Netwerk (FAN) qui, à l’instar de son homologue francophone, le RJF (Réseau pour la justice fiscale), prône une fiscalité juste, affirme que ces études sont populistes et sans nuances. « Elles ne disent rien de la répartition très inégale de la pression fiscale. Le travail est fortement imposé, le capital et la fortune le sont beaucoup moins. » Ou, comme le dit une des campagnes du FAN : seuls les petits paient des impôts.
Avec une action à la Saint-Valentin au siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), le FAN et le RJF ont fait dans le concret. Car, pour les grandes entreprises et sociétés, le Tax Freedom Day ne tombe pas pile avant l’été, mais bel et bien le 14 février. Vous lisez bien : à dater de ce jour, tous ces gars-là, malgré leurs jérémiades, ne paient plus un centime d’impôt sur base de leur déclaration réelle moyenne. La déduction de l’intérêt notionnel et autres technologies fiscales de pointe : ceux qui lisent Solidaire connaissent l’histoire.
« Aujourd’hui, ce sont les travailleurs qui sont solidaires avec les patrons, les plus riches et les plus nantis et qui, chaque fois, doivent payer le pillage du pot communautaire, ajoute Goeman. Les entreprises aussi sont dépendantes de bons services publics et de la croissance des investissements publics. Quand elles s’obstinent de la façon la plus créative à contribuer le moins possible aux finances de l’État, elles creusent eux-mêmes une voie vers une crise économique plus profonde encore. »