« Il n’a jamais été question de “noyauter” la FEF, dit-il. Cela supposerait que notre action, réelle, soit non démocratique. Rien n’est plus faux. Le PTB est actif sur les campus et certains délégués peuvent être sympathisants ou membres du PTB, comme ils peuvent l’être d’un autre parti. Cela fait partie d’une dynamique normale. C’est sain que les étudiants soient en contact avec la politique. Ils représentent l’élite de demain. »
La présence plus visible du PTB sur les campus et dans les manifestations épouserait, selon lui, la courbe du succès de sa formation. « De 1995 à ce jour, nous sommes passés de 400 à 4.500 membres. Nous sommes devenus plus concrets dans notre approche : la fiscalité, la défense des bureaux de postes… ». Le PTB profiterait par ailleurs de la place laissée libre par les partis dits progressistes sur le terrain de la contestation : « Les partis de gauche ou identifiés comme tels font partie de la majorité à la Communauté française depuis 2004. Il n’y a plus d’opposition progressiste, d’où le courant de sympathie pour le PTB, aussi auprès des étudiants, comme à l’époque pour Ecolo. »
Une « concurrence » qui, forcément, dérange. « Il y a une tendance, de la part des partis au pouvoir, à vouloir diaboliser le PTB dès lors que nous marchons sur leurs plates-bandes », analyse Raoul Hedebouw. Avec une pique particulière pour les socialistes : « Quel parti ose réclamer un refinancement de l’enseignement à hauteur de 7 % du PIB ? Pas le PS en tout cas. Et il reste étrangement silencieux sur la politique menée par le ministre Marcourt dont l’objectif principal semble être de rendre l’enseignement plus compétitif et qui, avec ses projets de test ou d’examen d’entrée, est en total désaccord avec le programme de son parti, sans parler des directives européennes sur lesquelles il n’y a pas le moindre débat. On prend tout comme argent comptant. Il n’y a plus ce pouvoir d’indignation, ni au PS, ni chez Ecolo ». Une dernière : « J’étais socialiste avant de m’engager en politique, en 1995, quand Laurette Onkelinx a supprimé 3.000 emplois dans l’enseignement. Rien n’a changé. Aujourd’hui, parmi les pistes pour refinancer la sécu, elle privilégie la cotisation sociale générale, qui va toucher tout le monde, plutôt que la suppression des intérêts notionnels. »