
Plus de deux millions d’emplois ont disparu aux Etats-Unis l’année dernière, et 598 000 pour le seul mois de janvier 2009. C’est le plus haut taux depuis 34 ans. (Photo Paula Steele)
L’économie américaine bat de l’aile. C’est que la crise des subprimes qui touchait l’immobilier s’est étendue au reste de l’économie réelle. Et le chômage fait des bons historiques. Pour le seul mois de janvier, 598 000 emplois ont été perdus alors que le pays enregistrait 2,8 millions de pertes d’emploi en 2008 (le plus haut taux en 34 ans) et connaît un taux de croissance négatif de 3,8% au 4e trimestre 2008. Il était temps d’agir donc pour le nouveau gouvernement Obama qui hérite d’une situation des plus explosive. Et de proposer un plan de relance.
Mais ce plan est largement Insuffisant. Et ce n’est pas l’avis d’un éternel insatisfait, mais de Paul Krugman, le récent prix Nobel d’économie. Pourtant, sur le papier, le plan fait belle figure : 787 milliards de dollars, des soutiens à la consommation et des projets d’investissement, la part augmentée pour les énergies nouvelles et des projets pour empêcher ou freiner les saisies immobilières. Avec à la clé la création de 3,5 millions d’emplois.
Mais ce n’est pas assez, face à la plus grande récession depuis les années 1930. Alors que Bush a déjà réduit les impôts pour les tranches les plus riches, le plan d’Obama prévoit de nouvelles réductions. Mais pour Krugman, cela n’améliorera que la situation de certaines catégories (mais sont-ce les plus démunies ?), mais pas relancer l’économie. Les gens vont bien sûr pouvoir se désendetter mais pas consommer davantage.
Moins d’un quart de ce qu’il faudrait investir
Au contraire, les dépenses publiques dans les infrastructures qui permettraient un développement économique sont trop faibles.
Elles représentent au maximum 60 % du plan, soit quelque 470 milliards de dollars. Or le déficit annuel de la production, c’est-à-dire l’écart par rapport à la production avec un taux de croissance habituel moyen, pourrait s’élever à 2 000 milliards. L’apport de la nouvelle administration ne s’élève qu’à moins d’un quart de ce qu’il faudrait investir.
Même en supposant que les dépenses publiques génèrent un effet multiplicateur de 1,5 (un dollar de dépenses publiques permet une consommation de produits et de services et suscite en moyenne une activité économique supplémentaire de 50 cents), la relance ne porterait que sur quelque 700 milliards de dollars. Les craintes d’un chômage se chiffrant à 9 % ou même 10 % sont plus vivaces que jamais.
Actuellement, 11 millions de personnes sont officiellement sans emploi. Ce qui représente un taux de 7,2 % par rapport à la population active (fin 2008).
Ce constat d’insuffisance est partagé par Martin Wolf, éditorial au Financial Times. Celui-ci pointe également l’énormité du déficit public. Selon le CBO (Congressionnal Budget Office : le bureau parlementaire du budget), celui-ci pourrait atteindre 1 200 milliards de dollars fin 2009, soit 8,3 % du PIB (produit intérieur brut qui estime la richesse marchande créée en un an par un pays).