Égypte
Vendredi 16 décembre, quatorze personnes ont été tuées au moment où l’armée s’en est prise à des manifestants assis à même le sol. Les photos d’une femme tabassée et piétinée par trois soldats sont devenues le symbole de cette brutalité sans bornes de l’armée. Pendant cette attaque, un incendie a éclaté à l’Institut du Caire, une bibliothèque où sont conservés des textes uniques et précieux. L’armée a empêché les pompiers d’intervenir. Le général Abdel-Moneim Kato, proche collaborateur de Tantawi, le chef de la junte militaire, a expliqué aux journalistes du journal al-Shorouk : « Vous vous excitez pour quelques jeunes qui méritent d’être jetés dans les chambres à gaz d’Hitler ! » (The Guardian et Bikyamasr, 17 et 19 décembre)
Irak
Alors qu’Obama prétend que l’occupation américaine de l’Irak « a été menée à bien et que la démocratie a été confirmée », une lutte acharnée pour le pouvoir a éclaté au plus haut niveau dans le pays. Début décembre, dans la province de Salahadin, des centaines de personnes (surtout des sunnites) ont été arrêtées, et il a été interdit de manifester. En guise de protestation, le conseil provincial a proclamé l’autonomie. Lundi 19 décembre, le Premier ministre irakien a signé un mandat d’arrêt contre le vice-président Tariq al-Hashemi et le vice-Premier ministre Saleh al-Mutlaq. Tous deux sont sunnites. (Junge Welt, 3 décembre et VOA, 20 décembre)
Kazakhstan
La semaine dernière, dans la ville de Zhanaozen, la police a ouvert le feu sur une manifestation des 5 000 travailleurs du pétrole de la firme Qarazhanbasmunai, en grève depuis 7 mois déjà. Au moins 11 travailleurs ont perdu la vie. Vendredi, le Kazakhstan fêtait ses vingt années d’« indépendance ». Les dirigeants européens ont félicité le président Nazarbayev. Euronews dépeignait le Kazakhstan comme un paradis du business. Depuis fin novembre, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair y officie en qualité de conseiller direct du président. La compagnie de pétrole et de gaz de l’État, KayMunayGas, travaille en joint venture avec la compagnie américaine Chevron ainsi qu’avec les Russes de Lukoil. (Reuters, 17 décembre)
Russie
Samedi 17 et dimanche 18 décembre, le principal parti d’opposition en Russie, le Parti communiste de la Fédération russe, manifestait contre les manipulations grâce auxquelles le parti de Poutine, Russie unie, a gagné les élections du 4 décembre, ainsi que contre la répression qui a fait rage durant la campagne électorale. Le secrétaire général du PCFR, Ziouganov, a déclaré que son parti rejetait les résultats électoraux dans plusieurs républiques et régions. En même temps, le parti de Ziouganov se distancie des tentatives des partisans ultralibéraux de l’Otan d’utiliser à mauvais escient la colère populaire et de plonger le pays dans le chaos. Le PCFR a obtenu 92 des 450 sièges à la Douma, le Parlement russe. Ce week-end, au cours d’un congrès, Ziouganov a été désigné comme candidat du PCFR pour les élections présidentielles qui auront lieu le 4 mars 2012. (Communiqué du PCFR, 18 décembre)