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23 janvier 2012 18:52 | Il y a : 121  jour(s)
| Thème: Belgique, Union européenne, Gouvernement, Emploi

Le marché de l’emploi, c’est comme les tomates…

Derrière la raison de l’austérité qui a mené à ces réformes, il y également – voire surtout – une mise en concurrence des travailleurs. Explications.

Lizz Printz

Les réformes du marché de l’emploi n’ont-elles pas été mises en place pour faire des économies, dans le premier train des « mesures d’austérité » ? En réalité, il semble que l’économie réalisée est plutôt faible. Le gouvernement a déjà prévu un transfert de budget vers les CPAS qui seront bien plus sollicités avec de nouvelles exclusions du chômage. Finalement, l’économie est évaluée à 483 millions d’euros à l’horizon 2014, pour les mesures présentées dans l’article ci-contre, ce qui est peu comparé aux milliards d’économies à réaliser.
    Si ces réformes ne permettent pas de faire de grandes économies, alors à quoi servent-elles ? Prenons l’exemple des tomates. Si on en met plus sur le marché, leur prix baisse. Le gouvernement mise, de la même manière, sur la baisse du prix de la force de travail : plus de gens pour se battre pour peu de travail, ça va pousser les salaires à la baisse. C’est ce qu’on fait lorsqu’on augmente le nombre de demandeurs d’emploi sur le marché, et en les poussant à accepter tout type d’emplois quel que soient les conditions, et le salaire. Y compris pour les travailleurs de plus de 55 ans, dont le statut de « prépension » a été renommé « chômage avec complément d’entreprise ».

Un euro de l’heure, ça vous dit ?

Flexibiliser les carrières, voilà également un objectif non avoué des réformes. On met la pression sur les demandeurs d’emplois à accepter n’importe quel emploi, au risque de sanctions ou même d’exclusions du chômage. Lors d’un débat sur cette question, le chef de cabinet adjoint de Joëlle Milquet (alors qu’elle était ministre de l’Emploi) déclarait « qu’il ne s’agissait absolument pas d’exclure les gens, mais plutôt de les pousser à accepter de travailler plus souvent pour des périodes plus courtes ».
    Pas besoin de regarder très loin pour voir les conséquences que cela peut avoir. En Allemagne, on a introduit des « mini-jobs », à savoir des jobs payés un euro de l’heure en plus des allocations de chômage (très faibles, qui sont en moyenne de 300 à 400 euros par mois).
    Cette logique ne tombe pas du ciel. Le gouvernement annonce textuellement dans son accord qu’il veillera « à transposer la Directive européenne relative au travail intérimaire. (…) Le gouvernement prendra, après concertation avec les partenaires sociaux, des mesures visant à simplifier et moderniser la réglementation sur le travail temporaire, le travail à temps partiel et les heures supplémentaires. » (Note générale emploi)
    Cette directive entend contribuer « à la création d’emplois et au développement de modes de travail flexibles. Cette démarche équilibrée est en phase avec les objectifs de la stratégie de l’Union européenne pour la croissance et l’emploi et donne l’exemple d’une mise en pratique de la notion de flexisécurité. »
    Si la directive date de 2008, elle exigeait des états une mise en place  « au plus tard le 5 décembre 2011 », ce qui explique pourquoi le gouvernement est si pressé de faire passer ses lois...


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