Chaque réforme de l’État depuis 1970 éloigne toujours un peu plus l’une de l’autre les Communautés de ce pays, aucune ne comprend des mesures qui nous rapprochent. IL n’en va pas autrement cette fois et c’est précisément là que réside la principale victoire de la N-VA. De Wever et consorts poussent des hauts cris quant aux « retombées catastrophiques pour la Flandre », mais il s’agit bel et bien d’un accord N-VA sans la N-VA. C’est ce qu’estime également Peter Van Aelst, professeur de sciences politiques à l’Université d’Anvers : « Après les élections de 2007, De Wever voulait (…) un ‘poisson gras’ dans la poêle. (…) Si on relit les interviews de l’époque, on ne peut en conclure que ce poisson imaginaire n’était pas aussi gras que celui qui se trouve dans la poêle aujourd’hui. (…) La N-VA peut porter cette réforme de l’État à son crédit. Si elle le veut, du moins. » (DS, 12/10)
Certes, l’accord Papillon ne scelle pas la fin de la Belgique. Les autorités fédérales restent compétentes pour la majeure partie des finances et de la sécurité sociale. Elles le restent également pour une partie de la politique de l’emploi, de l’asile et de la migration, de la macroéconomie, de bpost, Belgacom, la SNCB, etc. Mais l’accord ne comporte aucune refédéralisation. Dans la note-projet de Di Rupo, en juillet, on en trouvait encore quelques-unes : des listes bilingues à Bruxelles, une circonscription fédérale. Mais elles ont disparu. Et c’est essentiel pour les séparatistes : une réforme ne peut en aucun cas favoriser l’unité du pays.
L’accord Papillon est la sixième étape sur la voie de la scission de la Belgique via un État confédéral. Le gros des compétences va à l’Europe et aux Régions. La Belgique ne sera plus qu’une enseigne destinée à favoriser le commerce extérieur flamand et wallon. Dans les mois qui viennent, on approuvera des lois qui poursuivront la désagrégation du pays et qui instaureront un véritable fédéralisme de combat.