Jeudi 12 mai, dix agents de police ont fait irruption dans le café africain « La Maman Congolaise », Van Arteveldestraat à Anvers, prétextant un danger d’intoxication au CO, d’électrocution et d’explosion. Le « Mama Leki », un autre café africain dans la même rue, a eu le même sort. La police a alors annoncé que tous les cafés du quartier de la De Coninckplein seraient perquisitionnés.
Cette action policière, ordonnée par le bourgmestre Janssens, est en fait une réaction à l’action de protestation menée par les cafetiers au début du mois. Le 9 mai, le comité d’action Basta avait en effet organisé une manifestation sur la De Coninckplein pour protester contre l’entrée en vigueur de l’obligation pour tous les cafés du quartier 2060 de fermer à 1 heure du matin.
Le conseiller communal Frank Hosteaux, qui a rejoint le PTB début mai, est très déçu de cette mesure de rétorsion : « Je trouve scandaleux que la ville réplique de cette manière. Je trouve cynique que la ville riposte à la protestation en menant une action normalement réservée aux trafiquants. Lorsqu’un simple citoyen fait appel aux services des logements insalubres de la ville pour faire examiner la qualité de son habitation, il doit attendre plus de trois mois avant qu’ils ne se déplacent, mais lorsqu’il s’agit de se venger des cafetiers, tout est réglé en quelques jours à peine. »
Pour le PTB, il faut mettre un terme à cette politique de droite prônée par un bourgmestre « socialiste », etc dénonce la tentative d’épuration dont sont victime les cafés populaires du quartier au profit de projets immobiliers hors de prix. Janssens & Co visent tout simplement l’éviction sociale. « Ce dont ce quartier a besoin, c’est davantage de projets sociaux, une plus grande concertation populaire et un meilleur encadrement social et professionnel qui permettraient de réduire les nuisances. »