Le projet de loi soumis aux députés en mars 2005 correspond en gros au modèle kiwi présenté par le Dr Van Duppen. Juste avant ce vote, la majorité – Yolande Avontroodt (VLD) en tête – procède à pas moins de 20 amendements, de sorte que la séance devient un véritable marathon. Ces amendements seront entérinés. Les amendements les plus radicaux d’Avontroodt – votés à 2 heures du matin ! – concernent les médicaments dont le brevet a expiré (qui constituent seulement 10 % des dépenses), les seuls retenus pour faire l’objet d’un appel d’offres public. Le modèle kiwi est alors complètement vidé de sa substance.
Luc Goutry (CD&V), défenseur du modèle kiwi, a expliqué que, en introduisant un tel nombre d’importants amendements juste avant la séance de vote, une véritable discussion s’est avérée impossible : « Au fur et à mesure du déroulement de la séance et que les articles importants étaient un à un rejetés, la majorité ajoutait de plus en plus d’amendements (...) L’attention des députés s’émoussait progressivement. À 2 h 45 du matin, une hausse de 23 millions d’euros (...) de compensation pour l’industrie pharmaceutique est ainsi passée sans problème : un dédommagement, et un très fort affaiblissement de la mesure annoncée initialement. » La protection des médicaments sous brevet contre de l’argent constitue le noyau du compromis entre le gouvernement et l’industrie pharmaceutique, ainsi qu’entre les socio-démocrates et les libéraux. L’industrie s’est ainsi montrée très satisfaite de la modification du projet de loi, qui répond ainsi à sa principale exigence : les médicaments sous brevet ne seront pas soumis à un système d’appel d’offres public.