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1 février 2012 12:18 | Il y a : 113  jour(s)
| Thème: Belgique, Emploi, Belgique, Gouvernement

La ministre De Coninck copie le modèle de pauvreté allemand

« L’Europe ne doit pas s’inspirer du modèle allemand », a déclaré le Premier ministre Elio Di Rupo lors d’un échange chez la chancelière allemande Angela Merkel. Alors, pourquoi sa ministre de l’Emploi, Monica De Coninck, s’en inspire-t-elle ?

Thomas Blommaert

Les « inadaptés sociaux » doivent, d’après la ministre Monica De Coninck, effectuer des travaux « d’intérêt public » pour qu’ils « restent intégrés dans la société ». « Avec ce projet, les bons emplois vont être remplacés par du travail précaire », dénonce le président du PTB, Peter Mertens. (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)

On pourrait parler de schizophrénie du gouvernement et de ses ministres. Si, en Allemagne, en compagnie d’Angela Merkel, le Premier ministre affirme que le modèle allemand « n’est pas exportable », en Belgique, les récentes déclarations de Monica De Coninck (sp.a) concernant les réformes de l’emploi vont dans le sens contraire.
    En effet, les réformes qu’elle propose vont dans le sens d’une flexibilisation accrue et d’une précarisation des contrats de travail. Son projet cadre ainsi avec les exigences de la Commission européenne et du modèle développé en Allemagne. La note de politique générale de Monica De Coninck précise par exemple l’objectif de « transposer la directive européenne relative au travail intérimaire ». La volonté est de généraliser à l’ensemble du monde du travail les emplois intérimaires et d’en faire « l’horizon normal » du travail salarié en Belgique comme… en Allemagne.
    Monica De Coninck évoque d’ailleurs des personnes dans des situations sociales difficiles comme des « inadaptés sociaux », qu’elle qualifie de « peu intelligents, trop vieux, ou dépendants à l’alcool, à la drogue ». Celle que le chroniqueur Paul Hermant (RTBF) surnomme « la sinistre de l’emploi » développe un projet de réinsertion par le travail forcé. Elle demande donc des travaux « d’intérêt public » pour « qu’ils restent intégrés dans la société. » En parlant de son expérience acquise lorsqu’elle était présidente du CPAS d’Anvers, elle affirme « Quand on prend les gens par le collier, on peut les activer ».
    Personne ne doute qu’un travail stable, valorisant et aux conditions humaines favorise l’intégration sociale. Cependant, le projet de la ministre de l’Emploi est justement de détruire ce type d’emplois pour le remplacer par des formes très précaires de travail qui, loin d’aider, renforceront l’exclusion sociale et les situations de pauvreté chez les travailleurs. Il faut savoir que cette mesure existe aujourd’hui dans deux pays : l’Allemagne, où l’aide sociale est conditionnée à du travail presque non rémunéré et… la Hongrie, où les personnes les plus pauvres sont exploitées pour recevoir une allocation sociale en dessous du seuil de pauvreté. » 
    Avec d’autres, le PTB a dénoncé cette pente dangereuse vers un modèle qui, loin d’avoir fait ses preuves, approfondira la crise. Seule une réponse touchant les plus riches peut donner une alternative à l’austérité. Notamment par l’adoption d’une taxe des millionnaires, un impôt de 2 % sur les fortunes au-dessus d’1 million d’euros, qui sont des pistes sérieuses de création d’emploi.

Un emploi sur quatre est un temps partiel

Le service d’études du PTB constate que, bien que nous ne soyons pas encore arrivés au « modèle allemand », avec ses boulots à 1 euro de l’heure et où le travail intérimaire est devenu « l’horizon normal » du travail salarié, nous semblons pourtant suivre la même voie.
    Depuis 2001, on a pu constater une augmentation substantielle du travail à temps partiel : de 18 à 24 % de l’emploi total. Aujourd’hui, un emploi sur 4 est à temps partiel. Le dernier Annuaire fédéral sur la pauvreté en Belgique constate qu’« une personne sur cinq, vivant sous le seuil de pauvreté, travaille (à temps partiel ou à temps plein). Un des principaux facteurs responsables de cette situation est l’augmentation des emplois précaires. »


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francoise, 08-03-12 14:50:
avant de tenir de tels propos, que cette Monica Deconink travaille pour 1200 euros par mois on verra si elle sait s'en sortir,et que l'on retire un peu aux salaires de ces ministres qui profitent bien du système
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