« Les chèques repas, la ville les a quand même accordés », s’exclame le bourgmestre. « On ne les a toujours pas en poche », répondent les travailleurs. Et pour cause, La Louvière, ville fort endettée, doit présenter un budget en équilibre au gouvernement wallon. Si la majorité PS-MR-UDSC a inscrit 810 000 € dans le budget communal 2009 pour ces chèques, ceux-ci s’y trouvent comme seuls responsables du déficit pour la même somme dans les comptes. Comme pour dire à la Région wallonne : « Si vous imposez l’équilibre, les chèques repas, vous n’avez qu’à les biffer »!
Ce sont pourtant les conditions de travail de plus en plus mauvaises qui suscitent le grand mécontentement du personnel. En novembre, celui-ci a dû batailler pour obtenir des nominations dans les catégories inférieures du personnel, plutôt que chez de nouveaux cadres.
Depuis janvier, au CPAS, les infirmières qui prestaient 8 heures par jour, un weekend sur deux, devront en faire 11 (et peut-être 12, ce qui est illégal) un weekend sur trois, tout en restant disponibles un deuxième weekend. Une proposition, déjà rejetée deux fois par l’ensemble des infirmières, que le CPAS veut imposer tout de même. « Impossible », disent les infirmières, « cette charge physique et morale est trop grande. »
Et si on engageait ? « On est dans les normes », dit Gobert. « Elles sont trop basses », répond le personnel. En plus, le CPAS a économisé 500 000 € en 2008 sur le dos du personnel en ne remplaçant pas à temps des malades et certains départs naturels.
« Je favorise le service public, plutôt que le transfert au privé », dit Jacques Gobert. En principe, un bon service public, cela devrait se remarquer aussi dans les ateliers des travailleurs de la ville. Pourtant, il faut s’y battre pour une brosse, pour des vêtements de travail adaptés. Les pneus lisses des voitures de service sont monnaie courante.
Les femmes de nettoyage s’insurgent contre les services coupés qui les occupent le matin de « 6 h à 9 h », et puis de « 15 h 30 à 19 h 30 ». Elles sont appelées à des « formations », mais sur les lieux de travail, il vaut parfois mieux apporter ses propres produits.
La Ville a commandé une grande enquête auprès du personnel sur le « bien-être au travail ». Sans doute pour faire oublier qu’on n’écoute pas les travailleurs… Sous l’effet de la grève, de nouvelles concertations sont quand même annoncées. L’inspection sociale entendra aussi les infirmières. On attend avec impatience la décision de la Région wallonne sur les chèques repas.