
La SNCB pensait introduire plus rapidement le système de sécurité TBL+1. Mais, avec la privatisation de B-Cargo, devenu SNCB Logistics, on s’en éloigne. (Photo www.flickr.com/photos/bbusschots)
Début 2011, la SNCB décidait de privatiser sa section marchandises B-Cargo, afin de pouvoir travailler selon les conditions du marché. SNCB Logistics, une filiale de droit privé, a donc été créée. Car, argumentait-on, les travailleurs statutaires de la SNCB sont trop chers et pas assez flexibles. Depuis un certain nombre d’années, le transport des marchandises par rail a été libéralisé, et la SNCB doit affronter la concurrence de diverses entreprises privées. Pour l’instant, celles-ci ont en main un petit 10 % du marché. Désormais, avec sa filiale privée, la SNCB veut travailler en conformité avec le marché et, partant, embaucher des contractuels, meilleur marché, au lieu de statutaires.
En outre, on veut épargner sur la sécurité. Selon De Tijd — et la chose a été confirmée par la CGSP-Cheminots — SNCB Logistics ne veut pas équiper ses locomotives du système de sécurité TBL1+. Il est bien trop cher, avance-t-on. Les autres opérateurs privés tels Captrain, Crossrail, DB Schenker, Railtraxx, Rurtalbahn, Trainsport... ne veulent pas non plus investir dans ce système.
Il s’ensuit que, sur le réseau belge, environ 10 % des trains vont utiliser le système MEMOR, vieux et moins sûr. La CGSP estime que la décision est irresponsable. « C’est certainement combiné avec le fait que SNCB Logistics va travailler avec des conducteurs contractuels », déclare le secrétaire général Jos Digneffe. « Faire rouler des gens sans beaucoup d’expérience avec des trains qui ne sont pas équipés du système de sécurité, c’est irresponsable. La sécurité passe avant tout. »