
Dans les heures et jours qui ont suivi la tuerie, une grande solidarité s’est manifestée. « Ce qui s’est passé est horrible et devrait être inimaginable dans une société comme la nôtre », a réagi Raoul Hedebouw, le secrétaire régional du PTB-Liège. (Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia)
Le 13 décembre à 12h23, les passants qui se trouvaient par hasard place Saint-Lambert n’ont pas eu la moindre chance. L’horreur a éclaté. Le lendemain, il s’avérait qu’outre l’auteur, il y avait eu cinq morts : une femme de 75 ans, une de 45, deux jeunes de 18 et 15 ans et un bébé de 17 mois. En outre, il y a eu plus de 120 blessés, dont certains dans un état grave. Fait remarquable, nombre de passants, de chauffeurs de bus, de jeunes sont intervenus pour aider les blessés, même si, sur le moment, on ne savait pas exactement d’où venaient les coups de feu et combien de tireurs il y avait.
Le tireur, Nordine Amrani, s’est lui aussi donné la mort. Ce qui a bien pu le pousser à commettre un tel massacre avant de se suicider, nous ne le saurons jamais. En tout cas, nous ne le comprendrions pas, pas plus que nous ne l’accepterions. Bien vite, il s’est avéré qu’il n’était pas question de terrorisme, mais d’un cas isolé de violence incompréhensible et absurde. Non que cela réponde aux questions. Au contraire, cela en pose de nouvelles.
Dans les heures et les jours qui suivent, une grande solidarité s’organise. Dans tout le pays et même au-delà. La section du PTB de Liège réagit, elle aussi, dans un communiqué de presse. Le PTB transmet ses condoléances aux familles et aux amis des victimes décédées et leur souhaite beaucoup de courage dans cette épreuve. Raoul Hedebouw, secrétaire régional du PTB : « Ce qui s’est passé est horrible et devrait être inimaginable dans une société comme la nôtre. Mes pensées vont plus particulièrement aux familles des victimes décédées, ainsi qu’aux équipes de secours qui ont fait tout ce qui était possible pour sauver un maximum de gens. »
Photo Belga
À la RTBF, les condisciples marocains et belges de Natan, 15 ans, ont exprimé leurs craintes de voir certains se servir de l’origine marocaine d’Amrani comme de l’alibi rêvé pour diffuser leur racisme haineux.
Trois jours après le bain de sang de la place Saint-Lambert, la première victime, Mehdi (Natan) Belhadj, 15 ans, a été enterrée à l’issue d’une cérémonie à la mosquée de Bressoux. Un imam et un professeur de religion d’une école libre y sont allés d’émouvants plaidoyers en faveur de la solidarité et de la compréhension mutuelle. Eux aussi craignent manifestement que ce drame ne soit récupéré à mauvais escient.
Comac, le mouvement de jeunes du PTB, a réagi par un communiqué sur Facebook qui, à peine une semaine plus tard, avait déjà reçu près de 3 000 « j’aime ». « Nous, les jeunes de 15 à 20 ans et plus, sommes particulièrement touchés par le décès de deux adolescents qui sortaient, tout comme nous, de leurs examens. Et si c’était moi ? Et si c’était mon copain, ma copine, mon frère, ma sœur ? (…) Nous passons tous à cet endroit et, hier, des centaines de Liégeois ont ressenti de la peur dans un endroit familier et cette peur, souvent, se transforme en colère. La colère de voir que parce que le tueur a un nom arabe, certains appellent aujourd’hui ouvertement au racisme. Ce qui a pris à cet homme aujourd’hui, nous ne le comprenons pas (…) Et bien entendu, nous ne pouvons pas l’accepter. Mais ce n’est sûrement pas son origine ou sa «race» qui en est la cause. Nous sommes tous des êtres humains, égaux, de toute nationalité. Les conséquences de cette tragédie auraient été les mêmes si cet acte avaient été posé par un Belge flamand, un Américain, un Norvégien ou autre. Peu importe. (…) Dans un tel moment, ce dont nous avons besoin, c’est bel et bien de la solidarité. »
À Liège, et ailleurs aussi, cette solidarité s’est fortement ressentie. Jusqu’au stade du Standard de Liège. Les supporters des « Rouches » ont déployé une immense banderole d’« Hommage aux victimes », mais le plus beau est venu du kop des supporters du Racing Genk, en français dans le texte : « Les larmes n’ont pas de couleur ». (GVD)