Plan du site | Newsletter | Aide | RSS |
Loading
11 octobre 2011 16:02 | Il y a : 226  jour(s)
| Thème: Belgique, Société, Belgique

Journée du socialisme en Flandre :: « Pour un virage vers la gauche »

Si on en croit la presse traditionnelle ou certains clichés qui circulent, la Flandre est politiquement à droite, bien plus à droite que Bruxelles ou la Wallonie. Mais une initiative remarquable vient contrecarrer cette idée : des centaines d’intellectuels, syndicalistes et militants s’associent pour mener un débat en profondeur sur le socialisme.

Lizz Printz et Gaston Van Dyck

L’initiative adopte une attitude très ouverte à l’égard d’organisations fortes, comme les deux grands syndicats, les mutualités, les organisations d’immigrés et de femmes… Sur la photos, trois initiateurs de la Ronde tafel van socialisten (table ronde des socialistes) : Luk Vandenhoeck (CGSP, syndicaliste à la VRT), Karim Zahiri (mathématicien et philosophe, UA Anvers) et Dominique Willaert (travailleur socioculturel chez Victoria Deluxe). (Photo Solidaire, Gaston Van Dyck)

C’est le 29 octobre prochain, à Gand, que se concrétisera cette initiative, pour la deuxième année consécutive. Tout comme en mars 2010 pour la première édition, des centaines de personnes, des plus intellectuels aux plus actifs, et parfois les deux à la fois, se rassembleront pendant une journée pour débattre sous le mot d’ordre général « Socialisme, lutte et solidarité ».
    Divers ateliers seront organisés, sur plusieurs thématiques et sous différentes formes : la bataille linguistique, un salon et atelier culturel, les révolutions arabes, l’Union européenne, les femmes. « Toute action a besoin de ses spécialistes », explique Dominique Willaert, un des initiateurs de la Ronde tafel van socialisten (table ronde des socialistes). Car il n’est pas question que de blabla. Un atelier est également consacré aux nouveaux moyens d’actions locaux et internationaux.

Ils maintiennent les gens dans le calme

En période de crise économique, un débat sur d’autres perspectives que le capitalisme tombe à pic. « Je trouve de plus en plus hallucinant que, malgré cette crise persistante, le capitalisme parvient à s’en sortir, s’indigne Dominique Willaert. Surtout grâce aux médias et à la place dominante qu’ils occupent dans ce système. C’est une grave critique des médias, mais le fait est qu’ils vont toujours rechercher des comités d’experts de droite et des économistes néolibéraux pour “expliquer” prétendument la crise et ainsi maintenir les gens dans le calme. »
    Karim Zahidi, un des initiateurs également, trouve encourageant la résistance qu’il observe de plus en plus : « Plus encore qu’au moment de notre première édition. Il y a l’opposition en Grèce, au Portugal, en Italie et aussi les révolutions arabes qui sont une énorme protestation contre les conséquences de la néolibéralisation. Avec le mouvement Occupy Wall Street, nous voyons même une révolte au cœur même de tout le système. Les gens sont en permanence bombardés d’histoires sur la fin de la crise et la lumière au bout du tunnel, mais ils continuent pourtant à s’insurger, malgré l’hégémonie écrasante des médias de droite. »
    Dans le climat politique actuel d’austérité et où le nationalisme est très présent, les organisateurs veulent participer à un virage à gauche. Selon eux, il ne faut plus compter sur un virage à gauche des partis politiques établis. « Depuis les années 1990, les social-démocrates ont opté pour la “troisième voie”, poursuit Dominique Willaert. Ils ont pris fait et cause pour le libre marché et ils ne veulent plus que le “corriger socialement” çà et là. »

Avec les syndicats, les mutuelles

La Ronde tafel van socialisten est née, selon Willaert, « afin de plaider, au sein du monde universitaire, socioculturel, syndical, etc. pour un virage vers la gauche, non pas de façon populiste, mais de façon limpide et bien argumentée. » L’initiative adopte une attitude très ouverte à l’égard d’organisations fortes, comme les deux grands syndicats, les mutualités, les organisations d’immigrés et de femmes… afin de collaborer et discuter avec elles. Karim Zahidi ajoute qu’au sein des syndicats, « des gens se rendent compte que cette sorte d’“aliment idéologique” a été perdu de vue et ils veulent à nouveau lui donner une place. Sans syndicats, nous serions vraiment un salon de discussion isolé. »

D’une initiative flamande à un projet national ?

« Dès que notre capacité d’organisation et que nous aurons les reins un peu plus solides, nous organiserons notre Journée pour le socialisme à Bruxelles, pour les Flamands, les Wallons et les Bruxellois, confie Willaert. Nous avons suffisamment de partenaires avec qui nous collaborons très bien. Mais dans tout notre programme et notre stratégie, nous pensons selon un mode très Belgique unitaire et très européen. Ça, les syndicats le savent aussi. Nous essayons dès maintenant déjà d’ouvrir notre programme aux francophones… ». Karim Zahidi ajoute qu’à ManiFiesta, « manifestement, ça marche très bien d’organiser une fête de solidarité pour toute la Belgique. Nous, pour l’instant, nous ne pouvons encore que rêver d’un tel événement. »
    Les organisateurs ont déjà annoncé qu’au moins un atelier serait traduit simultanément, et peut être même deux. « Et le principal orateur du meeting de clôture sera Marc Goblet, de la FGTB Liège. C’est un choix délibéré. Il a beaucoup à dire sur la lutte sociale, sur l’unité du mouvement ouvrier belge. Il y aura d’ailleurs aussi un syndicaliste de France », annonce le syndicaliste et co-organisateur Luc Vandenhoeck.

Les syndicats soutiennent

La 2e Journée du socialisme bénéficiera d’un soutien accru des syndicats, par rapport à la première édition de mars 2010. Ce soutien sera assuré par la FGTB Métal Anvers, la CG d’Anvers, la CGSP Culture, la CGSP VRT, la CG ACV Bruxelles, le Setca Anvers, la FGTB Métal Flandre orientale, le Setca flamand, la FGTB Région d’Anvers.


Réagir ?

Jean, 14-10-11 10:26:
Bougez-vous pour développer vos idées en Wallonie qui en a tant besoin. revenirn à laCharte de Quaregnon car les "socialistes d'aujourd'hui appliquent à la lettre le célèbre vers de l'Internationale: "Du pasé faisons table rase". 'est bien ce qu'ils font: oublier leur passéde lutte des classes.
Bonne chance.
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*