
En cas de refroidissement insuffisant, la température dans la cuve du réacteur devient trop élevée et dissocie l’eau de refroidissement en ses composantes, hydrogène et oxygène, ce qui, à Fukushima, s’est traduit par plusieurs explosions. (Photo Digital globe)
Au moment de rédiger cet article, nous savons que, des six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima, les bâtiments des réacteurs numéros 1 et 3 ont explosé et que le numéro 2 court le même risque. 200 000 habitants ont été évacués dans un rayon de 20 km. Mais le plus grave est à venir.
Le Japon possède 54 réacteurs nucléaires en 11 endroits différents. Ensemble, ils livrent 30 % de l’électricité du pays. Lors du séisme, tous les réacteurs sont passés en mode sécurité. Mais le tsunami et les répliques ont fait que plusieurs réacteurs se sont retrouvés dans des difficultés permanentes.
D’abord, il faut expliquer comment un réacteur nucléaire produit de l’électricité. Par une réaction nucléaire qui a lieu dans des barres de combustible à l’uranium, on crée de la chaleur. Avec cette chaleur, de l’eau est transformée en vapeur, dont la puissance sert à actionner des turbines qui créent de l’électricité. Il faut maintenir cette réaction nucléaire sous contrôle afin qu’elle ne s’emballe pas, au risque que le coeur du réacteur n'explose. Ce contrôle se fait de deux façons : avec des barres de contrôle qui freinent la réaction nucléaire et avec l’éloignement de l’excédent de chaleur par refroidissement.
Quand une centrale nucléaire s’arrête automatiquement, la réaction nucléaire cesse immédiatement, mais il faut encore attendre quelques jours avant que la production de chaleur de la centrale soit complètement arrêtée. Le réacteur doit être refroidi à l’eau froide. Pour cela, il faut de l’électricité, ce qui est difficile en ce moment au Japon.
Si des problèmes surgissent, il existe divers systèmes de sécurité. Des batteries afin de maintenir en état de fonctionnement la fourniture en électricité de l’installation et des générateurs diesel afin de produire à nouveau du courant de secours. Mais, à Fukushima, le tsunami est venu compromettre tout cela.
En cas de refroidissement insuffisant, la température dans la cuve du réacteur devient trop élevée et dissocie l’eau de refroidissement en ses composantes, hydrogène et oxygène, ce qui, à Fukushima, s’est traduit par plusieurs explosions. Il ne reste alors plus que la possibilité de noyer tout le bâtiment du réacteur avec de l’eau de mer. Des pompiers luttent contre le chrono pour y arriver. Le réacteur est entouré d’une cuve métallique qui peut supporter une première explosion de ces gaz, mais pas une chaleur démesurée. Il est possible que le métal se mette à fondre et qu’apparaisse donc un « effet Tchernobyl ».