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9 novembre 2010 15:06 | Il y a : 2  an(s)
| Thème: Belgique, Femmes, Femmes

Humeur :: Privatisation & Co

Monika Triest

Monika Triest

Privatisation, régionalisation, financement, responsabilisation : on nous rebat actuellement les oreilles de cette terminologie compliquée. Peut-être est-ce même le but, afin que le moins de gens possible puissent comprendre réellement de quoi il s’agit ? Le président de la N-VA, lui, a trouvé encore mieux : il parle en latin ! Plus sérieusement, que veulent-ils avec ces privatisations ?

A la base, l’accès à ce qui est indispensable à tous fait partie du domaine public : eau, électricité, chemins de fer, hôpitaux, écoles. Pour ces services, nous payons tous et nous avons tous le droit d’en jouir.

D’autre part, les autorités affirment qu’elles doivent économiser un paquet de milliards. Mais d’où doit provenir cet argent ? Peut-être des bénéfices élevés des entreprises ou des plantureux bonus accordés à leurs dirigeants lors de leur départ ? Ou de projets de trop grand prestige comme les stades de la coupe du monde ? Que nenni ! C’est vous et moi qui aurons bientôt le grand honneur d’y aller de notre poche avec cette fameuse privatisation, du moins c’est ce que veut proposer le ministre du Budget et des Finances, Philip Muyters (N-VA).

Imaginez. Vous et moi pourrions sponsoriser les trains, peut-être un petit morceau de wagon ou de tram (nous y aurons alors notre propre siège et ne resterons plus debout, même pas pour les personnes âgées ou handicapées). Si cela ne vous dit rien, vous pourriez aussi investir (miser au casino ?) dans les maisons de repos, le secteur grand gagnant de l’avenir. Les banques font bien leur beurre, pourquoi pas nous ? Réservez votre propre place dans une maison de repos avec vos propres sous : un vrai rêve, n’est-ce pas ? Une opération effectuée dans le souci de ceux qui, plus tard, devront prendre soin de nous… ou pas.

Mais plusieurs problèmes se posent : pour cela, il faudra acheter des actions, et espérer que le cours de la bourse sera favorable dans les années à venir. Ensuite, et surtout, il faudra croire et espérer que notre capital sera suffisant pour investir ! Avec nos salaires ou pensions, il faudra réussir de plus à vivre de manière normale, malgré le coût croissant des besoins de base (l’eau, l’énergie…).

Ou alors, nous pourrions peut être récupérer toutes les actions dans les maisons de repos, les banques, les écoles, etc. Abolissons la Bourse et dirigeons les institutions publiques nous-mêmes !

Aïe ! Que pensererait Bart De Wever de tout ça ? N’est-ce pourtant pas cela, la vraie responsabilisation ? Ou bien, alors, je n’ai vraiment rien compris…


Monika Triest, féministe belge, a contribué dans les années 1960 à à créer des cours d’« études féminines » dans diverses universités et est l’auteur de plusieurs publications. Lors des élections de 2010, elle était candidate d’ouverture sur les listes du PTB-PVDA.


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