
La population le plus à risque doit être protégée. Ce sont les enfants qui sont les plus sensibles aux polluants. Pour Médecine pour le peuple, des mesures des particules fines et des polluants industriels doivent être réalisées aux abords des écoles gardiennes et primaires. (Photo www. ec.gc.ca)
La station de mesure de pollution d’Herstal a enregistré 49 jours de dépassements de la norme de concentration dans l’atmosphère en particules fines pour le premier trimestre 2011. Alors que la norme européenne est de maximum 35 jours.
En 2010, la station de Herstal avait déjà connu 53 jours de dépassements et en 2009, 61.
La cause de cette pollution (poussières fines et gaz polluants) provient principalement des industries et du transport routier. La ville d’Herstal est en effet très proche d’activités industrielles (sidérurgie Arcelor Mittal, l’incinérateur Uvélia, port pétrolier, activités de l’île de Monsin). De plus, la ville est littéralement encerclée par des autoroutes. La Belgique est un des pays les plus pollués d’Europe, et la région de Liège est un des endroits les plus pollués du pays. Herstal est plus particulièrement touchée. On estime que chaque habitant en Belgique perd 13 mois de vie à cause de la pollution par particules fines.
Et les conséquences de cette forte pollution se font ressentir sur la santé, au niveau respiratoire et cardio-vasculaire : risque plus élevé de bronchospasme, obstruction des artères, risque plus élevé d’infarctus du myocarde, et les capacités cognitives des enfants peuvent être affectées.
Johan Vandepaer, médecin généraliste à Médecine pour le peuple Herstal et conseiller communal PTB, a réalisé une recherche dans ses dossiers informatisés de ses petits patients. Il apparaît que le nombre d’enfants (de moins de 6 ans) qui se sont vu prescrire des médicaments à visée pulmonaire (puffs et/ou aérosols) est anormalement élevé, et correspond à des valeurs plafond par rapport à d’autres études. 12,2 % de tous les patients de Médecine pour le peuple Herstal ont eu au moins une prescription d’un médicament à visée pulmonaire (puff et/ou aérosols) en 2010, contre 8,3 % dans la population générale en Belgique.
La diminution de la pollution moyenne, et donc de la quantité de particules fines, peut avoir un impact positif sur la santé et prolonger l’espérance de vie. Médecine pour le peuple propose plusieurs solutions.
Premièrement, la population la plus à risque doit être protégée. Ce sont les enfants qui sont les plus sensibles aux polluants. Des mesures des particules fines et des polluants industriels doivent être réalisées aux abords des écoles gardiennes et primaires. Deuxièmement, une fois les origines des concentrations élevées en particules fines déterminées, les résultats doivent être rendus publics, et les entreprises responsables doivent être contraintes de baisser leurs émissions. L’activité industrielle, dans une région où le chômage est de 20 %, est indispensable. Mais elle doit être respectueuse de la vie et de la santé des gens. Troisièmement, d’autre part, une attention particulière à l’état de santé des travailleurs des entreprises concernées doit être apportée.