
Le président haïtien Martelly (3e en partant de la droite, à l’avant-plan) présente son nouveau gouvernement qui sera dirigé par Garry Conille (à sa droite). Une bonne chose pour Haïti ? Pas selon les associations populaires. (Photo Xinhua)
Depuis le séisme du 12 janvier 2010, qui a fait plus de 250 000 morts, l’épidémie de choléra (6 500 morts jusque maintenant), les élections chaotiques qui ont vu un chanteur populaire installé aux Etats-Unis prendre le pouvoir et qui, depuis, ne cesse d’intimider la presse et les associations de droits de l’homme, le retour au pays de l’ex-dictateur Duvallier, la situation sanitaire catastrophique, etc., la république d’Haïti espère beaucoup de la formation du nouveau gouvernement. Pour enfin résoudre les problèmes qui secouent l’île ? Si l’espoir est là, il est plutôt du côté de la communauté internationale qu’auprès du peuple.
Ancien bras droit de Bill Clinton, lorsque celui-ci a pris son poste en tant qu’émissaire spécial de l’ONU pour Haïti, le docteur Conille a poursuivi sa carrière dans l’institution jusqu’à sa nomination à la tête du gouvernement haïtien. Son dernier poste étant celui de coordinateur humanitaire au Niger.
Un choix dicté par la communauté internationale ? Oui, d’après de nombreuses associations populaires. Et même le président Martelly, élu le 21 avril 2011, a reconnu qu’il ne connaissait pas le Premier ministre qu’il a pourtant nommé… Il est vrai qu’officiellement, Conille est de nationalité canadienne et qu’il a passé plus de temps en dehors de son pays natal que sur l’île. Parmi les voix qui s’élèvent pour dénoncer ce « choix », Junot Félix, du parti politique Action Pour Construire une Haïti Organisée (AKAO) : « On a une tendance en Haïti à chercher les gens de l’extérieur, des gens habitués aux organismes internationaux, comme si Haïti devait toujours être à la solde de cette fameuse communauté internationale. C’est comme si nous, on doit toujours quémander. »
L’organisation Batay Ouvriye (Lutte ouvrière) estime que le choix de Garry Conille par Michel Martelly « ne représente pas vraiment quelque chose de positif pour les masses populaires1 ».
1. Alterpresse.org, 15 septembre