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27 juin 2011 19:00 | Il y a : 331  jour(s)
| Thème: En direct des entreprises, Brabant flamand, Alimentation, Syndical

Grève chez Kraft :: Non à un Chokotoff mauvais et polluant

Une semaine de grève. Une grande action de sensibilisation. Et un mouvement qui est loin d’être terminé. Voilà ce que les 418 travailleurs de Kraft (Côte d’or, Chokotoff,...) à Halle ont entamé lundi 20 juin pour lutter contre la délocalisation d’une partie de leur usine et la perte de 99 emplois.

Benjamin Pestieau

La solidarité entre travailleurs flamands, bruxellois, wallons, rouges, verts... se ressent au piquet. (Photo Solidaire, Benjamin Pestieau)

« Pour le moment, nous ne voulons pas discuter du social. Nous ferons tout pour garder la production chez nous ! », explique Salvatore Arcolia délégué FGTB. « En faisant immédiatement une semaine complète de grève, les travailleurs ont voulu donné un signal fort à la direction. Lundi, le travail va reprendre mais les actions vont continuer à l'intérieur de l'usine jusqu'en septembre », ajoute Baudouin Ferrant, permanent FGTB-Alimentation Bruxelles. En effet, les syndicats ont obtenu le gel des discussions jusqu'en septembre pour éviter que celles-ci ne se passent pendant qu'une grande partie des travailleurs sont en vacances. « En septembre, nous déciderons avec le personnel de la suite des actions », explique le permanent.

Une usine qui fait des bénéfices et... qui licencie

A l'image d'autres multinationales, les patrons de Kraft n'ont jamais assez de profits. « Cette année, notre usine a encore envoyé 10 millions d'euros de profits à la maison mère. Mais ce n'est apparemment pas assez », explique Jean-Paul Hanon délégué SETCA au conseil d'entreprise. « Le groupe possède 25 usines en Europe et la direction nous a expliqué que son rêve serait de ne garder que 6 à 8 unités de production sur le continent. Mais elle ne peut pas se le permettre actuellement parce que ça lui coûterait trop cher. » L'exemple de Kraft montre aussi que plus une restructuration coûte à la direction, plus elle hésite avant de s'y lancer.

Une usine solidaire

« Beaucoup de collègues travaillent ici depuis des années. Nous, cela fait 37 ans qu'on travaille à Kraft. Quand, on y est entrés, on n’avait jamais pensé qu'on y resterait autant. Il y a vraiment une bonne ambiance parmi le personnel. Il y a beaucoup de francophones, il y a des néerlandophones, des bruxellois, des Wallons et des Flamands, des collègues d'origine italienne ou d'origine marocaine, des rouges et des verts et la communication se passe très bien. Et aujourd'hui, on est tous solidaires ! », expliquent Fritz et Rudy, deux travailleurs de l'entreprise affiliés à la CSC.

Et la solidarité se ressent au piquet. Beaucoup de travailleurs sont présents dans une très bonne atmosphère. Elle a pu aussi se marquer le jeudi 23 juin lorsque près de 300 travailleurs de l'entreprise se sont rendus dans le centre de Halle pour distribuer pratiquement une tonne de Chokotoff, de mignonettes ou de bouchées, les trois produits dont la direction du groupe veut délocaliser la production.

Une fermeture polluante...

« Cette fermeture serait complètement anti-écologique. La direction veut délocaliser la production de Chokotoff et des bouchées en Pologne ou en Lituanie. Mais le Chokotoff et les bouchées ne sont vendus que sur les marchés belge et hollandais. Cela veut dire qu'on va préparer le chocolat en Belgique. Ensuite, l'envoyer par camion en Pologne ou en Lituanie pour faire le produit et l'emballer. Et finalement, on ramènera le produit fini par camion toujours en Belgique et en Hollande pour être vendu en magasin. C'est absurde, cela ajoute des camions inutilement sur les routes et ça pollue. C'est complètement anti-écologique », explique Doris Vandervale, déléguée Setca au Conseil d'entreprise.

Une fermeture mauvaise pour le produit...

« Je connais les usines de Lituanie. J'y suis allé installer des lignes de production. Les gens y sont payés trois fois moins qu'en Belgique. Mais en quelque sorte, tout y est trois fois moins : trois fois moins de sécurité, trois fois moins de nettoyage, trois fois moins de qualité. On veut faire du profit facile mais cela va se ressentir dans le produit et le risque est que le consommateur se détourne du Chokotoff qui est presque un patrimoine belge », explique Giuseppe Golisano ouvrier de l'entreprise.

Kraft : un géant de l'alimentation

Kraft est un groupe américain de l'alimentation basé à Chicago. La direction européenne du groupe se situe en Suisse. Le groupe produit du chocolat, du café, des biscuits, des plats préparés, des snacks, des fromages (Philadelphia par exemple)... C'est le deuxième groupe mondial dans le secteur après Nestlé. Le groupe compte près de 125 000 travailleurs dans le monde. En 2010, il a fait plus de 4 milliards de dollars de bénéfices (+ 36% par rapport à 2009) pour un chiffre d'affaire de près de 50 milliards de dollars.

Vous pouvez soutenir les travailleurs de Kraft. Vous pouvez soutenir les travailleurs de Kraft en vous joignant à la page Facebook « Chokotoff moet in België blijven » (Chokotoff doit rester en Belgique). Vous pouvez également signer la pétition pour le maintien du Chokotoff et des emplois en Belgique. Elle sera prochainement en ligne.

 


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