
Manifestation à Athènes, le 17 février dernier. Les mesures d’austérité imposées en Grèce touchent de près la population. Les gens ne peuvent même plus payer la nouvelle taxe de résidence, imposée à travers la facture d’électricité. (Photo KKE)
La grève a touché la plupart des secteurs de la région de l’Attique, région de la capitale Athènes qui compte 5 millions d’habitants. Le métro et les bus ont uniquement acheminé les manifestants au centre de la ville, où la journée de grève se concluait par un rassemblement.
Le PAME, Front militant des travailleurs, est à l’initiative de cette grève. Elle a été organisée en solidarité avec la lutte des sidérurgistes de la région d’Athènes qui exigent la réintégration des 65 ouvriers licenciés et le retrait du plan du patron de réduire le temps de travail à 5 heures par jour pour un salaire de 500 euros par mois.
Manesis, le patron des Aciéries, possède également deux usines dans la région de Volos, au centre de la Grèce, où il a pu imposer son plan. Il avait pu jusqu’à présent, couvrir ses pertes de l’usine d’Athènes, en doublant la production dans les deux autres usines. Il était donc capital de gagner la solidarité des ouvriers de Volos, dont la direction syndicale avait plié devant le chantage patronal. Depuis le début de leur grève, les sidérurgistes d’Athènes ont multiplié les contacts et discussions avec leurs collègues de Volos. « Rejoignez-nous, demain il sera trop tard ! Si vous nous laissez tomber, Manesis réduira encore vos salaires. Organisez-vous et luttez. Nous le devons tous pour nos familles et nos enfants. »
Les sidérurgistes de Volos avaient déjà fait une grève de 24 heures quelques jours plus tôt, le 12 janvier. C’était la première fois depuis 24 ans. Et cette fois, ils ont dû affronter les menaces et les sbires du patron, la fédération patronale, la police, le procureur. Mais personne n’est rentré dans les usines ce jour-là. C’est un tournant majeur dans la lutte des sidérurgistes et des travailleurs de la région. En plus du patronat le plus agressif du pays, ils ont dû affronter les politiciens locaux accusant le PAME de vouloir « fermer les usines », ainsi que la direction syndicale réformiste qui avait accepté le plan d’austérité.
Lorsqu’ils ont remis ça le 17 janvier, les patrons étaient si furieux qu’ils ont enfermé un groupe d’ouvriers dans l’usine et déployé une banderole avec des slogans contre le PAME. Malgré cela, le patronat n’est pas parvenu à faire fonctionner l’usine.
Mais cette grève était bien plus qu’une grève de solidarité. « Il s’agissait de répondre à l’avalanche de mesures anti-ouvrières imposées par le gouvernement du “front noir” (coalition gouvernementale composée des sociaux-démocrates, des conservateurs et de l’extrême droite), et par la Troïka », explique le KKE, le Parti communiste de Grèce (Communiqué du 18/01). (Voir encadré).
La date de la grève correspondait avec la visite des inspecteurs de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, la Troïka. Et les mesures imposées touchent de très près la population. Les gens ne peuvent même plus payer la nouvelle taxe de résidence, imposée à travers la facture d’électricité. Le gouvernement envoyé alors des équipes pour couper l’électricité aux familles qui n’ont pas payé.
Le 17 janvier, devant des dizaines de milliers de grévistes rassemblés à Athènes, le délégué des sidérurgistes d’Aspropyrgos en grève et des syndicalistes du PAME ont pris la parole : « Nous sommes déterminés à poursuivre la lutte sans relâche, y compris dans la sidérurgie, à organiser des équipes dans chaque quartier populaire pour empêcher les coupures d’électricité et à intensifier la lutte pour une nouvelle grève générale.
Intensification de la flexibilité du travail, réductions supplémentaires de salaire de 150 à 200 euros par mois, privatisations et nouvelles taxes. Ces nouvelles mesures vont plonger des centaines de milliers de familles dans la misère.
La Grèce vient d’entrer dans sa cinquième année consécutive de récession, avec un taux de chômage au niveau record de 17,7 % au troisième trimestre 2011. En même temps, les capitalistes, y compris les riches armateurs, ont reçu de nouveaux avantages et subventions.