
« Les peuples ont le pouvoir et ne se rendent jamais. Organisons la contre-attaque »: action syndicale du PAME à l’Acropole (Athènes). (Photo www.pamehellas.gr)
Le chômage parmi les jeunes est de 45 %. La grande majorité des jeunes travaille avec des contrats précaires. Ils ont arrêté de rêver ! Ils sont obligés de vivre chez leurs parents n'ayant pas les moyens nécessaires pour leur indépendance, ils se désignent eux-mêmes comme « la Génération 700 euros » (G700).
G700 a été créé fin 2007 par des jeunes Grecs de 25 à 35 ans suite au constat que la nouvelle génération diplômée ou non travaille pour un salaire de 700 euros. Ils ont lancé un blog (http://g700.blogspot.com) pour décrire la réalité du travail des jeunes : 9 à 12 heures par jour, sous payé, sans sécurité sociale, contrats précaires. Ils participent aux manifestations contre le crise, aux émissions de télévision et radio. Ils sont aller déposer leurs plaintes au président de la république grecque et ont envoyé une lettre à Angela Merkel qui traitait les jeunes Grecs de paresseux. Via leur blog, ils collectivisent le combat des jeunes précaires en mettant à leur disposition de l'information, la législation sociale et leur propose le soutien juridique d'une équipe de juristes bénévoles en droit du travail.
Grève générale
Après une baisse de salaires de 9 % en 2010, la hausse des taxes indirectes, la suppression de 150 000 emplois dans le service public et les réductions et limitations des indemnités de chômage et de pension, les Grecs sont à nouveau confrontés à des économies supplémentaires de 6,4 milliards d’euros en 2011. Tout le monde se rend compte que la baisse du pouvoir d’achat ne peut mener qu'à un approfondissement de la crise de surproduction. Le gouvernement du Pasok privatise à tour de bras tous les secteurs possibles comme les ports, aéroports, services publics comme l’eau, les télécommunications, les transports, l’énergie y compris la vente des tickets d’entrée à l’Acropole, haut lieu symbolique de la Grèce ! Il s’apprête à vendre des territoires entiers du pays ainsi que des îles grecques. Entretemps on évalue l'exode fiscal à un tiers du PNB grec et pas un seul euro emprunté par la Grèce n'est injecté dans l'économie du pays mais est utilisé pour rembourser l'intérêt de la dette. En utilisant Google earth, les inspecteurs du fisc grec ont trouvé 16 974 piscines cachées au fisc dans les banlieues riches d'Athènes pour uniquement 324 piscines déclarées en 2010.
Le peuple se pose de plus en plus la question « qui doit payer la crise » et organise la résistance dans toutes les villes et villages.
Le principal syndicat du pays organise les travailleurs depuis des mois : manifestations, slogan combatif posé sur le mythique Acropole, grève générale ces 28 et 29 juin…
Des comités de citoyens se créent partout comme celui « Je ne paie plus, je ne dois rien»... Il s’agit d’un mouvement qui s’est créé spontanément ces derniers mois dans tout le pays et qui organise des actions de refus de paiement dans trois grands domaines : les péages routiers, les transports en commun, les frais médicaux...: « quand l’injustice devient la loi de l’État, la désobéissance à ces lois n’est pas seulement légitime, elle devient une obligation pour les citoyens »...