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21 juin 2011 14:09 | Il y a : 338  jour(s)
| Thème: International, Grèce, Dossier crise

Grèce :: Ébullition face au nouveau plan d'austérité

Pillages et austérité menacent le peuple grec. Un nouveau plan annoncé de 28 milliards d’économies. Un programme de privatisations de 50 milliards. Et le tout, soutenu par l’Union européenne.

David Pestieau

Photo tatumba.com

« Pas d’autre solution » affirme Papandréou, le Premier ministre grec qui est également président de l’Internationale socialiste. Pourtant, une nouvelle grève générale a eu lieu le 15 juin, refusant de porter le fardeau de la crise au nom du « patriotisme ». Le précédent plan d’austérité a déjà plongé le pays dans une profonde crise, avec une baisse de 5 % de la production pour la deuxième année successive.
    Un ministre a affirmé que l’austérité est nécessaire, car « tout le monde a profité du système grec ». Sauf que le travailleur gagne en moyenne 700 euros par mois avec des prix aussi élevés qu’ici. Et que ceux qui ont profité ont caché leur argent dans les coffres-forts en Suisse ou ailleurs.
Les mesures dans le « programme à moyen terme » sont drastiques :
- 150 000 suppressions d’emplois dans les services publics, soit plus d’un cinquième des effectifs, avec réduction de salaire et allongement du temps de travail
- Hausse de la TVA réduite à 13 % au taux normal de 23 %
- Hausses des taxes sur le gaz
- Durcissement des conditions d’accès aux allocations sociales et chômage
- Réduction du montant de certaines pensions complémentaires
- Déremboursement de certains médicaments et prestations médicales
- Privatisation des ports et des aéroports, de la Poste, ouverture du capital de la société nationale d’électricité et de gaz
    Pas étonnant que la grève générale du 15 juin (la dixième en un peu plus d’un an), organisée par l’aile syndicale combative PAME, a été bien suivie sur les lieux de travail. Les grosses usines, de nombreuses entreprises, les organismes d’État, les transports publics, les ports ont été paralysés pendant 24 heures. Avec des piquets de grève contre l’intimidation et les pressions exercées par les patrons. Des manifestations ont eu lieu dans 67 villes aux quatre coins du pays.
    Le gouvernement a été remanié afin d’obtenir la confiance du Parlement ce mardi 21 juin. Soit il l’obtient et il essaiera de faire passer son plan : les prochaines grèves sont alors à prévoir. Soit il échoue et ce seront les élections.
Aujourd’hui, le peuple grec affronte ce qui attend tous les peuples du continent européen dans un proche avenir : il s’agit de savoir qui paiera la crise. Son combat mérite toute notre solidarité : c’est à Athènes et ses environs que se joue la première grande bataille contre l’« euro-austérité ». Mais aussi la première bataille pour une contre-offensive pour que le monde du travail ne paie pas la crise.


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