Les actions du secteur ont débuté le mardi 17 mai. Les membres du personnel de G4S, l’ancien Groupe 4, ont bloqué ce jour-là plusieurs sites de la firme (Wilrijk, Vilvorde, Drongen, Courtrai, Diepenbeek, Angleur et Gosselies). Les agents de surveillance n’ont pas roulé de toute la nuit.
Le motif de l’action était l’échec des négociations sectorielles. « Le lundi 16 mai, bien avant qu’on ait ouvert la bouche, tout le cahier de revendications du front commun syndical était balayé de la table par la BVBO (Association professionnelle des entreprises de surveillance, NdlR), racontait le secrétaire FGTB Koenraad Maertens au piquet de grève de G4S à Vilvorde. Il n’y a pas de fin à l’attitude arrogante des employeurs. » Les syndicats n’avaient donc plus d’autre alternative que d’introduire un préavis de grève avec effet immédiat.
Jovan, délégué chez G4S à l’aéroport de Zaventem, raconte comment la concurrence pour rafler un contrat fait en sorte que les travailleurs sont coincés : « Avant, nous étions 800 travailleurs. Pour pouvoir travailler meilleur marché, le travail doit être fait par 600 hommes. Les retombées sont déjà sensibles. » Ainsi, le contrôle des passagers aux deux portes de transit se fait désormais avec dix hommes au lieu de douze. « Dans le temps, après quatre heures de travail, nous avions droit à une pause, maintenant, nous devons attendre qu’il n’y ait plus de passagers. Et si vous quittez votre travail, par exemple pour aller aux toilettes, vous devez utiliser votre badge, de façon qu’ils puissent voir combien de temps vous avez été absent. »
D’autres plaintes concernent la diminution du nombre d’équipes de nuit, ce qui fait que la pause du matin doit commencer à 3 heures au lieu de 4. Sans compter les nombreuses erreurs dans le calcul des salaires…
BAC, l’exploitant privé de l’aéroport, détermine le nombre de passagers par heure qui doivent passer au contrôle. Si on est sous la norme, G4S se voit infliger une amende. Au-dessus, G4S reçoit une prime. Logique, dans ce cas, que la pression au travail s’accroît et que la sécurité diminue pour les passagers. Les grévistes dénoncent aussi le fait que la direction abuse du chômage économique pour comprimer ses frais. « Dans notre secteur, nous ne touchons que 15 % de supplément pour le travail du samedi, 20 % pour le travail dominical et 30 % pour les jours fériés. C’est bien plus élevé dans d’autres secteurs. Nous luttons pour une bonne CCT et nous voulons aller au-delà de la norme salariale de 0,3 % qu’impose le gouvernement dans l’accord interprofessionnel. Nous voulons un salaire décent pour notre travail flexible et à responsabilités. C’est pourquoi nous sommes ici et nous sommes à 100 % derrière ces actions », conclu Jovan.