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9 novembre 2010 15:00 | Il y a : 2  an(s)
| Thème: Belgique, Femmes, France, Femmes, Pensions

France :: « Femmes RE-traitées, Femmes MAL-traitées ! »

Voilà un slogan chanté par les nombreuses femmes dans les rues de France lors des 8 dernières journées de mobilisation contre la réforme des retraites qui ont rassemblé des millions de personnes. Elles estiment que les mesures vont encore plus appauvrir les femmes : raison selon les associations féministes pour porter plainte pour discrimination.

Fotoula Ioannidis

2007. Le président Sarkozy promet l’égalité salariale. « Un homme gagne 15 % de plus qu’une femme. C’est scandaleux. », disait-il.

2010, on constate qu’il s’agissait de belles promesses. En France, les femmes ont déjà une pension très basse : de 825 à 1 020 euros contre 1 426 à 1 636 euros pour les hommes. 75 % des bénéficiaires français du minimum vital se conjuguent au féminin. Les femmes sont les salariées les plus pauvres or, cette réforme pèse essentiellement sur les travailleurs et travailleuses, sans toucher les grandes fortunes ou les entreprises. Cette réforme risque donc d’accroître les inégalités subies par les femmes.

C’est d’ailleurs ce que constate la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde). Suite à une campagne d’interpellation d’associations féministes, l’autorité dirigée par Jeannette Bougrab a décidé de s’autosaisir de la question, mardi 21 septembre, estimant que « sans mesures de compensation, le projet de loi de réforme des retraites risque de pénaliser davantage les femmes ». La Halde compte rédiger des recommandations pour le gouvernement.

Inégalité salariale de 27 à 38 %

Les carrières des femmes sont interrompues (s’occuper des enfants ou des parents, congé maternité, congé parental, temps partiels) et les périodes d’inactivité ne sont pas prises en compte. 80 % de femmes ont des emplois précaires. Seules 44 % des femmes contre 86 % des hommes totalisent le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein parce que l’âge légal du départ à la pension à taux plein est reporté de 65 à 67 ans. L’inégalité salariale entre les hommes et les femmes est de 27 à 38 % en France (et en Belgique de 15 à 25 %).

La réforme des pensions ne prend pas en compte pour l’âge de la retraite, la précarité et pénibilité des secteurs de travail occupés principalement par les femmes : les caissières, les aides aux personnes, les infirmières, les nettoyeuses, les téléphonistes dans les centres d’appel, etc. Il est impossible pour elles de travailler jusqu’à 67 ans. Or, ces secteurs féminisés ne sont pas absents de stress, de bruit, de lourdes charges à soulever. Par exemple, les caissières déplacent des tonnes chaque jour.

Sarko a concédé… peanuts !

Au cours du mouvement de protestation, Sarkozy aurait « laché du lest ». En effet, il a décidé de permettre aux mères de trois enfants d’obtenir la retraite à 65 ans à taux plein. On peut se dire que c’est déjà ça. Mais la plupart des représentantes d’associations féministes ou syndicales trouve cela dérisoire. « Parce que les carrières courtes ne concernent pas seulement les personnes avec trois enfants, déclare Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires dans le quotidien L’Humanité (6/11), il y a d’autres paramètres, comme les périodes de chômage qui ne sont pas validées ; cela concerne les femmes mais aussi les hommes. La proposition du gouvernement était donc même quasiment insultante ! Les femmes se sont d’autant plus indignées que le gouvernement n’a répondu que par des mensonges et des énormités. »

Samedi dernier, les femmes manifestaient deux fois

Samedi 6 novembre dernier, de nombreuses femmes défilaient dans les rues françaises. En plus de la mobilisation contre la réforme des retraites votée récemment, une revendication a été ajoutée sur un tout autre volet : la défense du droit à l’avortement. En 2009, le gouvernement a réduit de 42 % les budgets alloués aux plannings familiaux dont un tiers de ces centres risquent de fermer, 50 ans après leur création, réduisant ainsi l’accès des femmes à la santé et à la sexualité.


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