Eric De Bruyn a décidé de remettre sa carte de parti. Candidat aux élections présidentielles de 2007 au sein du parti socialiste flamand, il avait obtenu 33,6 % des suffrages. De Bruyn a longtemps représenté un courant qui œuvrait à rendre le sp.a plus à gauche. Objectif devenu impossible d’après lui : « Le sp.a préfère toujours plus les salons de la rue de la Loi et des comités de direction que le peuple de la rue. Le sp.a préfère le centre et les mauvais compromis à une ligne conséquente de gauche ». Il crée un nouveau mouvement, Rood, avec lequel il veut rentrer en débat avec les autres forces de gauche en Flandre. Le PTB réagit.
Son score aux présidentielles du sp.a était un signal clair de la base, mais la promesse de la présidente Caroline Gennez de donner un profil plus à gauche au parti et d’assurer davantage de démocratie interne n’a jamais été tenue. « Les hautes instances n’écoutent pas la base et se trompent de profil. », dit-il.
Le PTB est réjoui qu’Erik De Bruyn ait quitté le sp.a. « Cette rupture était dans l’air depuis un bout de temps », déclare Peter Mertens, président du PTB. « sp.a Rood (l’aile de gauche du sp.a, ndlr) a essayé longtemps de faire prendre un autre cours au sp.a. Mais le sp.a a clairement choisi. Voilà des années qu’ils suivent le discours de la privatisation, du démantèlement des services publics et qu’ils ont adopté le cours libéral de l’Union européenne. »
Le président du PTB constate que la direction du sp.a n’a jamais considéré les voix de gauche en son sein, comme celle d’Erik De Bruyn, que comme des attrape-voix. « C’est tout à l’honneur d’Erik de ne pas se laisser tenter de jouer toute sa vie durant le rôle d’alibi socialiste dans un parti où il n’y a que des socialistes d’eau douce », ajoute Peter Mertens.
Après son départ, Erik De Bruyn a tout de suite annoncé qu’il voulait aller discuter « avec les gens du PTB, de Groen!, de la FGTB et autres », afin de constituer un large front. À la veille du 1er Mai, le PTB entame donc de nouveaux pourparlers avec Erik De Bruyn en vue d’une collaboration de gauche lors des élections communales de 2012.
Il y a trois mois, Wouter Van Damme, le président du PTB Anvers, avait d’ailleurs déjà tendu la main à Erik De Bruyn. Van Damme proposait de former un cartel commun durant les élections communales. « Aux élections parlementaires de 2010, le PTB a obtenu 4,13 % à Anvers, dit Peter Mertens. Un cartel entre le PTB et le nouveau mouvement Rood! irait peut-être chercher trois ou quatre sièges. Notre offre de proposer à Erik De Bruyn une place éligible sur la liste de cartel PTB-Rood! tient toujours. J’espère vraiment que le mouvement d’Erik De Bruyn abondera en ce sens. De la sorte, nous pourrions vraiment enfoncer un coin rouge dans la petite partie de shadow-boxing que se livrent le mayeur Janssen et Bart De Wever au détriment de la ville. »
Le PTB souhaite un franc succès au nouveau mouvement Rood! et entend collaborer étroitement avec lui en compagnie de toutes ses sections d’Anvers, Berchem, Borgerhout, Deurne, Ekeren, Hemiksem, Hoboken, Kapellen et Wilrijk. « Avec ses 1 000 membres à Anvers, le PTB est la force de gauche la plus organisée d’Anvers. Le parti pèse 4,5 % des voix. Il existe donc un parti anti-establishment de gauche, à Anvers, et qui tient un discours socialiste clair et conséquent », constate Peter Mertens.
« Nous ne pouvons qu’espérer qu’Erik De Bruyn n’opte pas pour un scénario à la CAP et n’aborde pas les élections tout seul à grand renfort de pub. Tout le monde sait comment ça s’est terminé avec le CAP et comment aussi ce processus a été rapide. Les militants de gauche du sp.a et de Rood! méritent mieux. D’où le fait que nous sommes ouverts à une collaboration plus étroite, comme nous l’avons déjà fait dans la lutte pour le maintien dOpel Anvers, dans le mouvement contre le viaduc d’Anvers (Lange Wapper) ou dans les actions pour le maintien des bureaux de poste, bibliothèques ou bassins de natation locaux. Je suis sûr que nous pourrions arriver à une très bonne collaboration avec Rood! et avec Erik De Bruyn », conclut le président du PTB, qui voit l’avenir avec espoir.