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15 juin 2011 09:44 | Il y a : 343  jour(s)
| Thème: Hainaut, Namur, Syndical, En direct des entreprises

FGTB Hainaut Namur :: Passage de témoin chez les métallos

Antonio Di Santo, président des Métallurgistes Wallonie Bruxelles (MWB) pour les provinces Hainaut Namur, cède son mandat à Antonio Cocciollo, actuel secrétaire régional de cette même MWB et ancien délégué principal de Caterpillar. Ce passage de témoin s’est fait à l’occasion du congrès provincial de la MWB Hainaut Namur du vendredi 20 mai.

Germain Mugemangango

Antonio Cocciolo : « Nous sommes très attentifs, car des politiques utilisent le débat communautaire pour nous dépouiller de certains acquis sociaux importants. » (Photo MWB)

Antonio Di Santo dit de lui-même que ce qui le différence d’un politique, ce n’est pas son engagement, « mais la durée de cet engagement. Un politique gère une dynamique uniquement entre deux élections tandis que nous lançons une dynamique à un terme de 15 ou de 25 ans. Nous avons une vision à bien plus long terme. Dans ce cadre, les réussites et les échecs prennent une dimension différente ».

A la question de savoir quels sont ses qualités et ses défauts, Antonio Di Santo explique qu’il a toujours tenté de rester sur un principe humain. Mais qu’il est aussi un « jusqu’au-boutiste pour faire avancer les dossiers. Je suis pragmatique mais, lorsque je crois que l’on peut gagner, j’y vais à fond. Je suis toujours allé à la confrontation avec les employeurs en mettant en avant les qualités de l’organisation syndicale. Contre les clichés que l’on colle au mouvement syndical ».

Lorsqu’on évoque son futur, Antonio Di Santo veut mettre en avant l’internationalisme du mouvement syndical. « Pour nous, les frontières n’existent pas. Évidemment, nous analysons les structures de pouvoir pour savoir où porter notre action. Notre action doit maintenant être européenne. Nous avons donné mandat à Anne Demelenne et à Rudy de Leuw pour arracher à la Confédération européenne des syndicats une manifestation européenne ou, au mieux, avoir une heure de grève au niveau européen à la fin juin. Nous avons obtenu la manifestation. Cette dimension européenne est très importante pour le futur et sera, j’en suis certain, portée par mon successeur. »

Quelles seront les prochaines étapes du parcours d’Antonio Di Santo ? « Je vais surtout axer mon travail sur l’accès à la connaissance des jeunes, explique-t-il. Charleroi est malheureusement frappé par la précarité. 55 % des jeunes de 16 à 25 ans n’ont que le diplôme de l’école primaire. Il faut remédier à ça. Le temps est compté. Si nous n’arrivons pas à sortir ces milliers de jeunes de la débrouille et de la précarité, le patronat va massivement organiser l’immigration économique. Il faudra construire des compétences, mais aussi des emplois. Sinon, ce sont des compétences qui vont s’expatrier. »

«Il faut construire un syndicat européen»

Antonio Cocciollo prend dès lors la relève. Son premier objectif est « d’organiser un maximum de participation des travailleurs et des délégations dans les espaces de discussion. Dans la législature précédente, il fallait avant tout construire la provinciale. Le but était de mettre en place les espaces de débats provinciaux. Maintenant, nous voulons reconquérir la participation de nos délégués ».

Son deuxième point d’attention est la problématique industrielle. « Nous avions des défis pour maintenir les entreprises et nous avons en grande partie réussi. Les gros sites industriels sont toujours là : Thy-Marcinelle, Industeel, Arcelor, Caterpillar, Beltram. Mais nous sommes juste sortis d’une crise qui a sévi ces dernières années. Nous ne sommes pas certains que toute la sidérurgie et tout le secteur des fabrications métalliques soit suffisamment consolidé pour tenir le coup ces prochaines années. » 

Cocciollo lie la situation belge à ce qui se passe au niveau européen : « Les plans d’austérité mis en place le sont au niveau européen. Il faut de plus en plus construire un syndicat européen. Et il faut mettre en place la possibilité de décider des choses pour consolider un rapport de force à la dimension de l’attaque contre les acquis organisée au niveau européen. »

Sur la problématique institutionnelle, enfin, Cocciollo se montre inquiet : « Il y a un repli régionaliste. Mais, au niveau de la MWB, il y a des orientations claires. L’impôt doit rester fédéral. Idem pour la sécurité sociale qui doit être forte et rester fédérale. On est très attentifs, car des politiques utilisent le débat communautaire pour nous dépouiller de certains acquis sociaux importants. »



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