Organisée par le département des sciences politiques de l’ULB et conçue par les collectifs ex-yougoslaves Emigrative art et Edition Yougoslavie, cette exposition retrace sous un angle poético-politique l’histoire de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (1945 à 1992), à partir de la lutte antifasciste jusqu’à la mort de Tito. Cela, à travers une multitude de souvenirs du passé : des photos commentées, des poèmes de partisans, des textes politiques, des dessins, et des objets divers.
Le tout est mis en espace par le collectif belgradois Skart, dont les inscriptions graphiques vivantes, vibrantes et d’une grande liberté ont littéralement pris possession des murs de l’endroit.
Les photographies de l’Anversois Jan Kampenaers contrastent par leur grande sobriété. Fasciné par les traces architecturales laissées dans la nature, il a sillonné l’ex-Yougoslavie entre 2006 et 2009, pour fixer sur pellicule quelques-uns des impressionnants monuments aux morts qui marquent les sites des grandes batailles de la guerre 40-45 et qui attestent en même temps d'un moment fort de la créativité culturelle yougoslave des années 60 et 70.
Enfin, une installation sonore des artistes allemands militants Ralf Homann & Manuela Unverdorben diffuse en continu des sons de l'ex-Yougoslavie, dont celui de la première station radio instaurée dans la petite et éphémère République d’Užice, territoire de l’Ouest de la Serbie, libéré des nazis en 1941 par les partisans communistes de Tito.
L’exposition débute avec les racines de la révolution : la Guerre civile espagnole et ses brigades internationales qui ont compté de nombreux Yougoslaves, la participation de nombreux Yougoslaves à la Révolution d’octobre, l’engagement politique des poètes surréalistes qui participeront ensuite à la lutte armée du pays, ainsi que le mouvement ouvrier yougoslave des 18e et 19e siècles. Elle se poursuit ensuite sur la politique titiste du non-alignement et le système économique d’autogestion et, enfin, sur l’invasion des valeurs consuméristes durant les vingt dernières années précédant la mort de Tito.
Même si les opinions divergent sur la politique de Tito, et notamment le non-alignement, il n’en demeure pas moins que celui-ci avait réussi, au terme d’une lutte contre le nazisme et le nationalisme, à unifier, sur le territoire de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, des hommes et des femmes dans un sentiment d’appartenance à un seul peuple, sentiment qui sera massacré après sa mort par le retour des nationalismes.
Le combat de ces milliers de partisans yougoslaves laisse des traces indélébiles dans l’histoire et nous amène à penser que la mort d’un État-nation n’empêche pas les idées émancipatrices de survivre.
Cette exposition, présentée à la salle Allende de l’ULB (Avenue Paul Héger, 22-24, 1050 Ixelles), débute le mardi 15 novembre (vernissage à 18h) et se déroule jusqu’au 17 décembre 2011, dans le cadre d’une programmation plus large qui comprend un colloque – « L’espace yougoslave 20 ans après » – et plusieurs nocturnes, avec des diffusions de films de la « vague rouge yougoslave », des débats politiques, et des performances artistiques.
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