Pascale Vleugels est secrétaire permanente au Setca de Liège (syndicat FGTB des employés), et s’occupe plus particulièrement des travailleurs du commerce (moyennes surfaces) et des services. Elle a pris le car le matin à Liège, comme des milliers de militants syndicaux de tout le pays. Le rendez-vous était fixé à Luxembourg au début de l’après-midi, où les travailleurs belges, français, allemands et luxembourgeois voulaient manifester leur opposition au « Pacte Euro + ». Pas question de toucher à l’index, ni de privatiser les services publics. C’est aux actionnaires de payer la crise qu’ils ont déclenchée.
Les images et reportages des médias ont montré une manifestation bon enfant où aucun incident n’a été à déplorer.
Et pourtant. Le Setca-Liège a révélé ce lundi dans un communiqué que « vers 14 heures, mêlés à d’autres manifestants qui ne cessent de débarquer des cars, les militants du Setca-Liège se rendent vers le lieu de rassemblement pour démarrer la manifestation. On fait du bruit, quelques pétards sont lancés. Tout d’un coup, le groupe emmené par Pascale Vleugels, s’arrête. La syndicaliste est à terre, blessée à la jambe. Il y a du sang, une ambulance est donc appelée. Pour les manifestants, l’explication est claire. Malgré les nombreux avertissements chaque fois répétés un pétard a été mal lancé et a blessé – directement ou indirectement – Pascale Vleugels.
Après quelques soins (points de suture) à l’hôpital de Luxembourg, elle rentre à Liège. Mais la douleur ne passe pas. Des examens complémentaires sont entrepris. Radio, puis échographie décèlent la présence d’un corps étranger dans la jambe. Ce n’est pas un éclat quelconque, mais bien une balle en caoutchouc de 12 mm ! »
Climat social européen menaçant
Les manifestants avaient noté que les policiers semblaient nerveux et que des individus (des policiers ?) étaient postés sur les toits non loin du lieu de départ de la manifestation. Les responsables du Setca-Liège marquent dès lors leur inquiétude « devant la possibilité qu’un policier luxembourgeois ait perdu son sang-froid et ouvert le feu sur des manifestants pacifiques. » Et ils ont décidé de porter plainte contre X pour élucider cette affaire.
« Pour nous, cette affaire dépasse le cas individuel de notre permanente mais pose la question du climat social et des menaces de plus en plus fortes qui pèsent sur celles et ceux qui osent encore manifester une opinion différente au capitalisme triomphant » déclare de manière très ferme Égidio Di Panfilo, secrétaire général du SETCa-Liège. Et de poursuivre :
« Les décisions politiques et économiques échappent déjà de plus en plus aux citoyens. Lors des piquets de grève, nos militants sont de plus en plus régulièrement menacés. Et à présent nous nous faisons tirer dessus. Nous nous devons donc de réagir. Et prévenir que le mouvement syndical ne se laissera pas intimider ni museler. Notre volonté de mobilisation pour défendre les travailleurs devant les offensives antisociales de l’Europe et des partis de droite reste intacte. »