Le 1er mars, Roland Van Acker, Frans Van Acoleyen, Karl Segers, Geert Asman et Karel Van Bever, cinq généralistes de MPLP Zelzate, doivent comparaître devant la justice de paix de Zelzate pour non-paiement de leurs cotisations à l’Ordre des médecins.
En guise de réaction à la citation à comparaître des cinq médecins de Zelzate, quelques étudiants en médecine de l’Université de Gand ont pris l’initiative d’adresser une lettre ouverte à l’Ordre. Dans cette lettre, ils demandent une fois de plus que l’Ordre cesse d’importuner les « mauvais » payeurs. La lettre a été signée par 31 professeurs de la faculté de Médecine de Gand et par des centaines d’étudiants en médecine.
Le conflit entre les docteurs de MPLP et l’Ordre des médecins dure depuis quarante ans mais, même aujourd’hui que la pression sociale en faveur d’un changement devient de plus en plus forte, les conseils provinciaux du Hainaut et de la Flandre-Orientale s’obstinent à poursuivre les réfractaires au paiement.
Déjà en 1971, l’année où, en compagnie de Michel Leyers, Kris Merckx savait fondé la première maison médicale de MPLP à Hoboken, les médecins du peuple recevaient dans leur boîte aux lettres la première plainte de l’Ordre des médecins. Parce qu’ils pratiquaient la médecine gratuite, ils travaillaient en effet au tarif du remboursement (le patient ne payait pas plus pour une consultation que ce qu’il retouchait à la mutualité).
Le déclencheur de l’action visant à ne plus payer les cotisations à l’Ordre a été la grève des médecins de 1979-1980. L’Ordre s’était ouvertement prononcé en faveur de cette grève, dont le cahier de revendications défendait la médecine du pognon : les soins de santé élitistes, contre les mutualité et la sécurité sociale. Trois cents médecins refusaient dès lors d’encore payer leurs cotisations à l’Ordre et, parmi eux – et jusqu’à ce jour – les docteurs de MPLP.
Dans les décennies qui ont suivi, il y a encore eu bien des procès pour le non-respect d’une suspension et l’Ordre a tenté à plusieurs reprises de faire saisir par huissier les biens des docteurs de MPLP, parce qu’ils refusaient de payer leurs cotisations. Mais la saisie fut chaque fois empêchée par une mobilisation massive des patients et sympathisants.
La légitimité et l’autorité de l’Ordre sont très controversées depuis des années. Depuis le début du refus de paiement, il y a eu treize initiatives législatives concernant l’Ordre. En juin 2010, au siège du Sénat, un colloque intitulé « En 2010, l’Ordre propose-t-il encore plus plus-value ? » s’est déroulé à l’initiative de gens très critiques à l’égard de ce même Ordre.
En attendant une solution sous forme de loi, il s’est avéré que, dans les provinces de Liège, Anvers et Limbourg, on ne poursuivait plus les médecins qui, par principe, refusaient de payer leurs cotisations.
Le professeur Walter Michielsen, vice-président du Conseil national de l’Ordre, avait promis, lors d’un « studium generale » destiné aux étudiants en médecine de l’Université de Gand, de plaider en faveur de l’arrêt des poursuites auprès du Conseil national. Ce fut peine perdue, manifestement…