
Les syndicats ont multiplié les manifestations en mars contre le projet d’accord interprofessionnel. En vain, les partis du Parlement ayant décidé de ne pas écouter la rue et de voter le texte. (Photo Solidaire, Vinciane)
Au printemps, le monde du travail a largement rejeté l’accord interprofessionnel qui imposait une marge maximale de 0,3 % d’augmentation salariale pour les années 2011 et 2012. Malgré ces protestations syndicales, les partis de la rue de la Loi ont réussi à s’entendre pour imposer un quasi-blocage des salaires pour les deux ans à venir. Cette norme revient à empêcher toute augmentation de salaire au-delà de cinq euros par mois sur deux ans.
La formulation prévue par cet arrêté royal apparaît impérative. Mais beaucoup de syndicalistes et travailleurs estiment que « quand une loi est injuste, la transgresser, c’est rendre service à la démocratie ». C’est dans cet esprit qu’ont débuté les négociations dans les secteurs (finances, métallurgie, chimie, construction, …), qui se poursuivront ensuite au niveau des entreprises. De nombreux représentants syndicaux s’y sont engagés : en fonction du rapport de force et des possibilités du secteur ou de l’entreprise, ils veulent obtenir des augmentations salariales supérieures à ce plafond maximal de 0,3 % d’ici fin 2012.
Les salaires peuvent être augmentés
Presque en même temps que la publication de l’arrêté royal organisant le quasi-blocage des salaires de 0,3 % sur deux ans, commençaient à sortir les comptes annuels 2010 des entreprises. On y apprenait que les entreprises du Bel 20 (les 20 grosses entreprises belges cotées en Bourse) avaient enregistré, ensemble, un bénéfice net de près de 17 milliards d’euros en 2010.