De bonnes idées commencent à avoir le vent en poupe.
Un. « Depuis 3 ans, le PTB plaide pour une taxe des millionnaires. Et il semble aujourd’hui qu’on lui donne raison », écrit De Standaard1 de ce week-end, mettant en débat Jo Cottenier du PTB et le multimillionnaire Fernand Huts.
Deux. Test-Achats a sorti vendredi dernier une étude sur le prix de l’énergie en Belgique où il plaide pour une baisse de la TVA de 21 à 6 % sur les 1 500 premiers kilowattheures d’électricité consommés par un ménage. Une demande qui va dans le sens de la campagne « Baisse de la TVA sur l’énergie » que mène le PTB depuis trois ans.
Trois. Face à la crise bancaire qui menace, des voix s’élèvent pour l’instauration d’un service public bancaire, qui mettrait sous le contrôle de l’État toutes les banques. Pour protéger les épargnants et avoir des leviers pour reprendre le contrôle sur les marchés boursiers. Le magazine Global Finance qui publie son classement annuel des établissements financiers les plus solides au monde note que son top 5 est occupé entièrement par des banques publiques2. Encore une proposition avancée par le PTB depuis trois ans...
La crise de l’économie mondiale amène aujourd’hui à briser les tabous d’hier. Oui, il y a un problème de répartition de richesses et les lois économiques de notre système sont à revoir. Oui, des multinationales font des profits éhontés alors qu’on demande aux gens de payer la facture d’une crise dont ils ne sont pas responsables.
De bonnes idées font leur chemin, ce qui souligne l’importance du travail de longue haleine d’un parti militant comme le PTB. L’essai doit être maintenant transformé. Les idées peuvent se transformer en réalité si elles sont reprises par une bonne partie du monde du travail et de la jeunesse. Pour inverser la politique actuelle qui fait que « depuis vingt ans, les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres », comme a dû le concéder l’ancien ministre des Finances Jean-Jacques Viseur (cdH)3.
L’année 2008 a montré le degré de confiance qu’il fallait accorder à nos politiques qui ont tous déclaré à l’époque : « ça va changer ». Et nous savons comment ils peuvent détourner de bonnes idées. On le voit en France où Sarkozy a sorti avec grand fracas une taxe de crise contre les super-riches qui rapporterait... 200 millions d’euros dans un plan d’austérité de 12 milliards : « Le partage des sacrifices. » Frank Vandenbroucke, figure de proue du sp.a, ne disait pas autre chose l’an dernier4 : il faut prendre des mesures symboliques contre les riches, ça ne rapportera pas beaucoup en nouveaux moyens, affirmait-il, mais « cela rapporte beaucoup pour le sentiment de justice (sic). C’est seulement si vous vous en prenez aux grandes fortunes et aux chômeurs que vous pourrez dire à la classe moyenne : “cela va aussi vous coûter”. »
Vigilance, débats, alternatives, mobilisations et résistances : vous retrouverez ce cocktail étonnant à ManiFiesta le 24 septembre, qui sera un point de départ d’une année où, espérons-le, de bonnes idées deviendront réalité.
1. De Standaard, 27 août 2011 2. « Global Finance vote pour la banque publique ! », 23 août 2011, Xavier Dupret, www.gresea.be 3. Controverse, RTL, 28 août 2011. 4. Humo, 16 mars 2010.