
Le monde du travail a des propositions claires pour une politique novatrice. La fin du chouchoutage des plus riches : la taxe des millionnaires, la suppression des intérêts notionnels, la lutte contre la fraude fiscale par la levée du secret bancaire… Comme l’a montré le Réseau pour la justice fiscale (RJF-FAN) lors de son action le 4 janvier. (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)
« C’est la faute des plus âgés qui se fichent des jeunes ». « C’est la faute des fonctionnaires ». « On mène des grèves de riches pour avoir quelques prépensions en plus »1 affirme même Jean-Pierre Delwart, le patron des patrons wallons.
Nous sommes « en processus d’endettement excessif », comme l’appelle la Commission européenne qui juge le budget d’austérité de Di Rupo I insuffisant.
Cette campagne dure depuis quelques semaines. Une manœuvre pour tenter de détourner les yeux de la population du gigantesque hold-up en cours.
Mais messieurs, nous ne souffrons pas d’amnésie ! Nous savons d’où vient cet endettement excessif. De l’argent public massivement injecté dans le secteur bancaire et financier. D’une politique de cadeaux fiscaux jamais vue pour les plus nantis. Reynders n’admettait-t-il pas que l’impôt des sociétés était passé de 19,9 % à 11,8 % en moins de dix ans, alors que les bénéfices ont doublé ?2 Nous savons que la crise économique a été provoquée par la soif de profit de quelques-uns.
C’est tout cela qu’on veut faire oublier. Et entre-temps le hold-up continue.
Le mois dernier, la Banque centrale européenne a décidé de prêter de manière illimitée aux banques privées européennes. Taux d’intérêt ? Proche de zéro. Ces banques peuvent à leur tour prêter aux États à des taux de 4, 7 ou 9 %. La Réserve fédérale américaine a prêté 1200 milliards de dollars aux banques à un taux de 0,01 %. Même l’ancien Premier ministre français Michel Rocard s’interroge : « Faut-il que les États payent 600 fois plus que les banques ? »3. Car ce sont ces taux d’intérêts qui étranglent les budgets.
En Belgique, les millionnaires qui ont profité de la spéculation restent « tax free » sur leurs fortunes. Tandis que les entreprises ne paient que... 8 % de l’effort budgétaire. Et même moins car la Cour des Comptes estime que le rendement de la mini-réforme des intérêts notionnels est largement surestimé4.
Notre gouvernement suit les vieilles recettes économiques monétaristes qui nous mènent droit dans le mur. Et qui touchent les ménages, les jeunes et les vieux, les travailleurs du privé comme du public. Et notre gouvernement continue la politique d’assistanat aux entreprises et de « tolérance 100 % » à l’égard des banques.
Le monde du travail a, lui, des propositions claires pour une politique novatrice. La fin du chouchoutage des banques, millionnaires et spéculateurs : la taxe des millionnaires (8 milliards d’euros), la suppression des intérêts notionnels (4 milliards), la lutte contre la fraude fiscale par la levée du secret bancaire. La prise de contrôle public des banques pour faire baisser les taux d’intérêts sur la dette.
Il y a des moyens mobilisables pour faire fondre la dette comme neige au soleil. Et pour pouvoir relancer l’emploi. Pour y arriver, l’extrémisme bancaire doit être arrêté par la résistance de la population. Cela commence le 30 janvier avec une grève générale. Bon début 2012 !
1. Le Soir, 7 janvier 2012 • 2. Belga, 1er juillet 2011 • 3. Le Monde, 2 janvier 2012 • 4. De Tijd, 7 janvier 2012