Plan du site | Newsletter | Aide | RSS |
Loading
13 décembre 2011 16:30 | Il y a : 162  jour(s)
| Thème: International, Congo

Congo :: Énorme défi pour la gauche congolaise

Qu’un personnage aussi peu crédible que Tshisekedi obtienne encore 33 % des voix devrait forcer les nationalistes congolais et la gauche à réfléchir.

Tony Busselen

Un nouveau tronçon de route entre Lubumbashi et Kasumbalesa. Le gouvernement de Kabila a pu doubler le nombre de routes, le faisant passer de 7 000 à 13 000 km. Mais bien des Congolais voudraient que le progrès soit plus rapide. (Photo infos5chantiers.wordpress.com)

Aujourd’hui, Tshisekedi a 79 ans. Toute son idéologie et sa carrière politique sont liées à la dictature de Mobutu, qui a détruit complètement l’économie congolaise et l’a réduite à un tiers de ce qu’elle était avant. Comment est-il possible qu’un personnage aussi peu crédible puisse aller chercher 33 % des voix et susciter un tel engouement chez une partie de la population congolaise ?

Une personne qui a voté pour Tshisekedi m’a confié : « Je sais que Tshisekedi n’est pas parfait, mais Kabila doit s’en aller. Avec lui, nous ne progressons qu’à du 2 km/h, alors qu’au vu de la situation où nous nous trouvons, nous devrions aller de l’avant à du 30 à l’heure. » Pour une partie importante des Congolais, le progrès économique et politique sous Joseph Kabila est insupportablement lent. Dans leur désespoir, ils oublient que Tshisekedi ne peut leur amener que des décennies de régression. 

Le vieux Gizenga, ancien vice-Premier ministre de Lumumba, a déclaré début octobre soutenir la candidature du Président Jospeh Kabila "car parmi les onze candidats retenus, il est le seul qui est apparenté à la mouvance nationaliste lumumbiste." Gizenga continuait: " il est le seul à avoir présenté un programme à sensibilité nationaliste de gauche, visant principalement la grandeur de la Nation, la préservation de l'unité et de la souveraineté du peuple, et l'amélioration de la situation sociale de la population."

Face à l’opposition de droite, cette alliance de gauche défend la collaboration avec la Chine et les autres économies émergentes du Sud ainsi que l’exigence que les hommes d’affaires occidentaux prennent davantage en compte les intérêts du Congo. Mais la reconstruction du pays est encore très modeste. Dans un pays où 150 000 km de routes sont nécessaires, le gouvernement Kabila, ces 5 dernières années, en a doublé le nombre, le faisant passer de 7 000 à 13 000 km. Les recettes mêmes de l’État ont augmenté de 400 %, pour atteindre le montant de 51 dollars par an et par tête, alors qu’avec cela, il faut tout faire : payer les fonctionnaires, l’armée, la justice, les infrastructures, l’enseignement, la santé, etc.

Les vieilles habitudes

Sur le plan politique, il s’avère aussi que la gauche, moins que la droite il est vrai, ne s’est pas entièrement débarrassée des vieilles habitudes que sont la corruption, les intérêts personnels et les divisions mutuelles. Gizenga, lui, a fait ce que Tshisekedi, Kamerhe et Kengo n’ont pas été capables de faire, à savoir laisser de côté ses propres ambitions. Il ne s’est ainsi pas présenté comme candidat et a préféré soutenir quelqu’un pensant comme lui (Kabila). Mais, dans certains districts électoraux, des candidats parlementaires de ce même camp présidentiel se sont littéralement livré de petites guéguerres pour se mettre hors-jeu les uns les autres. 

Le défi de la gauche est énorme : elle va devoir convaincre une grande partie de la population congolaise qu’elle est effectivement en mesure d’apporter du changement dans ces vieilles habitudes et dans la vie quotidienne. Sinon, elle risque de disparaître dans les marécages que le colonialisme, la dictature de Mobutu et cinq années de guerre (de 1998 à 2003) ont laissés au Congo. 


Réagir ?

salvatore, 21-12-11 11:48:
cela n'est pas étonnant dans ce pays qui a connu 40 ans de dictature et plus d'une centaine d'année de colonialisme
il y a dans ce pays une soumission à l'autorité et à l'église extraordinnairement forte,tout ça combiner avec une situation économique déplorable,fait qu'ils se demandent si ce ne serait meilleurs avec leurs anciens bourreaux
je crois que wilhel reich,à trés mis ce procésus en évidence
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*