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22 décembre 2010 09:16 | Il y a : 1  an(s)
| Thème: Communiqué de presse, Belgique, Poste

Communiqué du PTB :: « Grave exagération de la baisse du courrier pour justifier le jackpost pour le privé »

Johnny Thijs, patron de bpost, a annoncé un nouveau plan stratégique, en vue de la libéralisation avec la perte de 5400 emplois d’ici 2015. « La raison invoqué est la baisse annoncée du courrier. En réalité, les chiffres sont exagérés pour cacher une restructuration augmentant gravement la charge de travail des postiers aux seuls bénéfices des actionnaires privés. Nous en apportons les preuves dans notre nouvelle étude » dénonce Gérard Mugemangango du département services publics du service d’étude du PTB.


« La libéralisation totale du secteur postal ce 1er janvier ne peut pas justifier ce véritable jackpost pour le privé. Il est encore temps de réorienter la Poste vers un service réellement public. » avance Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

Le service d’étude du PTB a examiné les comptes de bpost suite au nouveau plan stratégique pour 2011 – 2015, annoncée le 17 novembre dernier.

Vous trouvez http://www.pvda.be/fileadmin/users/nationaal/download/2010/12/Graphiques_Poste_PTB.15.12.10-2.pdfici les graphiques réalisés par le PTB sur l’évolution de la productivité, de l’évolution de l’emploi, des coûts du personnel du chiffre d’affaires, des dividendes aux actionnaires et du salaire du CEO de la Poste.

Le Conseil d'Administration de la Poste, qui représente ses actionnaires, CVC Capital Partners et l'Etat belge, veut réduire le personnel de 29.446 ETP (équivalents temps plein) à 24.040 d'ici 2015. Le plan est basé sur une baisse des volumes de courrier estimée à 20 % d'ici 2015.

Le département services publics du service d'études du PTB est parti à la recherche des chiffres concernant les volumes de courrier durant les 6 dernières années : « Nous constatons que le courrier a diminué environ de 9 %, de 2003 à 2009. En moyenne, la baisse a été de 1% par an, sauf en 2009 suite à la crise.[1]»

Par contre, lorsque nous examinons les Rapports annuels de La Poste, durant les mêmes 6 années le nombre d'emplois équivalents temps plein (ETP) a diminué de 40.024 en 2003 à 29.618 en 2009 : 26 % en moins en 6 ans (voir nos graphiques). Nous constatons également que la productivité des postiers a augmenté : les revenus engrangés par la Poste par postier sont passés de 40.490 euros en 2003[2] à 75.000 euros par postier en 2009[3].

S'il y a baisse des volumes de courrier, le chiffre d'affaires, lui, augmente de 1,92 milliards en 2003 à 2,25 milliards en 2009. Alors que les coûts du personnel, diminuent de 1,45 milliards à 1,20 milliards.

Enfin, le service d’étude du PTB constate que les dividendes versées aux actionnaires à partir de 2007, s'élevaient à 40 millions d'euros en 2007, pour passer à 172 millions d'euros en 2009[4].

« En préparation de la date phare du 1er janvier 2011, les postiers ont réalisé des efforts énormes, bien plus que la baisse des courriers. 26 % d’emplois en moins en 6 ans, une hausse de la productivité de 85 %, alors que le courrier n’a diminué que de 9 % sur la même période. Tous ces efforts ont bénéficié uniquement aux actionnaires, en premier lieu CVC. » dénonce Gérard Mugemangango pour le parti de gauche.

« Si l'on ne peut nier qu'il y a une certaine baisse du volume de courrier, nous ne pouvons nous défaire de l'impression que le Conseil d'Administration exagère les prévisions. En effet,  la baisse du courrier s'est limitée cette année en Belgique à 1 %, et Johnny Thijs lui-même prévoit une forte augmentation du marché des colis et des envois non-adressés. » ajoute Mugemangango

« Johnny Thijs se dit prêt pour affronter la concurrence. Il annonce pour 2010 un bénéfice meilleur que celui de 2009 (qui s'élevait à 240 millions d'euros[5] ) Mais pour Thijs et le conseil d'administration, “bpost ne peut pas se reposer sur ses lauriers[6]. C'est le message adressé au personnel : celui-ci devra passer par 5.400 nouvelles pertes d'emplois d'ici 2015, et donc une charge de travail encore plus élevée pour ceux qui restent. La baisse du volume de courrier et la libéralisation nous semblent donc des prétextes pour demander des efforts démesurés aux postiers, dans le seul but d'augmenter les dividendes. » précise Mugemangango.

« La libéralisation n'a de bons résultats nulle part. A de nombreuses reprises, l'UNI Europa (syndicat européen des postes) a dénoncé le dumping salarial à la Poste allemande et la détérioration du service aux Pays-Bas.

En Belgique nous n'en sommes pas encore là. Le plan stratégique montre que la libéralisation est une voie sans fin. Mais nous pouvons encore arrêter cette descente aux enfers. » ajoute Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

Raoul Hedebouw propose, au nom du PTB, une solution constructive : « CVC Capital Partners, actionnaire privé[7], veut vendre sa part du capital de la Poste en Bourse. Chacun sait qu'un passage en Bourse exposera bpost à la spéculation débridée et à la recherche de rendements déraisonnables. Une autre voie est possible. Le PTB propose que l'Etat rachète la part de CVC pour un prix correct : 300 millions d'euros, soit  le prix auquel CVC et la Poste danoise ont acheté leur part en 2005.

bpost redeviendrait ainsi 100 % public. Et pourrait de la sorte rétablir son rôle de service public, dont la première préoccupation n'est pas le profit maximum mais le service à la population. bpost pourrait alors satisfaire son rôle social comme il est toujours prévu dans le Contrat de gestion. Le temps de travail réellement perdu par la diminution du volume de courrier (en tenant compte du poids), pourrait être transformé en “temps social”. En effet, le vieillissement de la population entraîne des nouveaux besoins: beaucoup de personnes âgées se trouvent démunis devant la complexité des papiers à remplir. On pourrait prévoir des programmes de formation pour les facteurs et les employés, de sorte que les facteurs puissent aider ces personnes ou relayer leurs demandes au bureau, où les employés pourraient assurer certaines démarches. Idem pour les employés des guichets : l'installation d'un cybercafé dans chaque bureau de Poste offrirait l'accès à internet à tous. Nous pourrions nous inspirer de la banque publique postale créée il y a quelques années en Nouvelle Zélande[8]

Cela permettrait également le maintien de l'emploi, car bpost aurait besoin de ses 30.000 postiers, et même plus. Et pourrait ainsi rétablir des conditions de travail humaines pour son personnel. »

 Service de presse du PTB

www.ptb.be

 Contact :

Raoul Hedebouw,

Porte-parole

0477 986510

 

Gérard Mugemangango

0477 / 45.19.49.


[1] Selon un communiqué de La Poste, “la crise a entraîné une réduction des volumes pour La Poste d’environ 4 % en 2009 – ce qui est beaucoup par rapport aux années précédentes, lorsque la diminution s’élevait en moyenne à 1 %” Communiqué de La Poste. 21.04.2010 

[2]   Rapport annuel 2003, 3. Ratios, p. 55 (pagination sur le site de bpost)

[3]   Rapport annuel 2009, p. 10                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

[4]   Le Soir du 3.04.08; 17.04.09; 22.04.2010

[5]   DS, le 18.11

[6]   Communiqué de presse de bpost. 17.11.10.

[7]   En octobre 2005, le fonds d'investissement européen CVC Capital Partners achète une part dans la Poste belge pour 150 millions d'€, dans un consortium avec la Poste danoise : la part du consortium s'élevait à 300 millions d'€.

[8]         Il existe un précédent : la Nouvelle Zélande. Après des années de néo-libéralisme et une privatisation totale de la Poste, rien n'allait plus. Le gouvernement y a fait marche arrière, et a recréé une banque publique en partenariat avec la poste : la Kiwibank, qui est présente dans les communes rurales aussi et qui marche très bien ! La Kiwibank s'est tenu à l'écart des marchés internationaux des capitaux et n'a donc pas contracté d'hypothèques douteuses, qui ont contaminé tant de banques privées dans le monde. La Kiwibank a ainsi pu conserver l'épargne et les pensions à l'abri. (Pour plus d'informations sur la Kiwibank, consultez le site www.irepp.com/nouvelle-zelande-kiwibank-article00233.html (Institut de recherches et de prospective postales).


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DOMINIQUE, 24-12-10 17:24:
Et au fait, combien gagne Mr Thys, lui qui envoie au chômage des millers de travailleurs. Je suis écoeuré!!
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