La direction poursuit son interminable série d’« optimalisations » (un joli synonyme de « restructurations ») successives. Cette fois, elle sera accompagnée de licenciements secs, 20 en tout pour les 3 sites belges, dont 14 rien qu’à Zwijnaarde.
Mais il y a bien plus : au total, environ 70 d’employés doivent réintroduire une candidature dans l’entreprise – 56 seulement sont nécessaires.
Ensuite, il faut également disposer des qualifications adéquates et c’est ici que le bât blesse : tous les demandeurs ne réussiront pas l’épreuve d’admission et ceux qui échoueront devront s’en aller. De la sorte, on n’offre aux travailleurs aucune perspective d’avenir et c’est toute une somme d’expérience qui sera perdue. De plus, les travailleurs seront également obligés de se faire concurrence entre eux pour un emploi. Collègue contre collègue donc. Et cette nouvelle structure d’emploi va être mise sur pied dans tous les sites Coca-Cola en Europe.
Tous les travailleurs l’ont parfaitement compris : aujourd’hui, il s'agit des employés, demain ce sera le tour des ouvriers. C’est pourquoi ils étaient tous ensemble aux portes de l’usine ce mercredi matin. Ils ne veulent rien entendre de cette stratégie du « diviser pour régner » et de cette nouvelle organisation du travail qui d'après eux ne fera qu’envenimer l’ambiance au sein de l’entreprise.
« Et puis ça n’arrêtera jamais », vient raconter un employé. « Les gains de Coca-Cola doivent augmenter chaque année. Aujourd’hui, avec le licenciement de 20 employés, demain avec celui de plus d’ouvriers encore. Et l’entreprise n’a rien ressenti de la crise, il suffit de vérifier ses chiffres ! Nous nous inspirons de ce qu’ont réalisé les syndicats chez AB InBev, nous sommes une entreprise comparable. Là aussi, les bénéfices et les bonus aux membres de la direction étaient très élevés. »
Cette journée de grève est un avertissement à l’adresse de la direction et un solide encouragement pour les négociateurs qui se mettront à table avec la direction.