
En 2009 s’est déroulée la plus grande manifestation pour l’environnement que la Belgique avait connu depuis longtemps. Mais l’échec des négociations internationales a lancé un vent de pessimisme. Aujourd’hui, les autorités belges ne doivent plus attendre d’accord international pour montrer le bon exemple. (Photo Solidaire, Peter Vanloffelt)
Le 3 décembre, une nouvelle manifestation pour le climat aura lieu à Bruxelles, à l’occasion de la Conférence internationale de l’ONU à Durban, en Afrique du Sud. Il est plus que temps de prendre des mesures pour limiter drastiquement le réchauffement climatique. Selon Sofie Sas, , « la Belgique ne peut pas rester les bras croisés ».
Sofie Sas. Les espoirs mis sur le sommet de Copenhague en 2009 étaient très grands : tout le monde espérait enfin un nouvel accord international contraignant qui oblige les pays à réellement réduire de manière drastique leurs émissions de CO2 – et pas seulement sur papier.
Mais les résultats du sommet ont été un échec. On n’est pas parvenu à un accord. Cela a eu pour conséquence un grand pessimisme et sentiment d’impuissance chez de nombreuses personnes. Avec l’idée que toute cette mobilisation, tous ces espoirs n’avaient servi à rien.
Sofie Sas. Exactement. Depuis l’échec de Copenhague, le mouvement climatique a dû se poser des questions. Peut-on vraiment attendre des sommets internationaux pour que des mesures importantes soient prises en main ? Que faire si aucun accord international n’est trouvé ?
Nos conclusions sont maintenant que, en parallèle de la revendication d’un accord international contraignant pour les pays qui reste nécessaire, la Belgique ne peut pas rester les bras croisés. Nous pouvons dès à présent montrer l’exemple, et prendre des mesures rapides et drastiques. La Belgique peut évidemment aussi avoir un rôle au sein de l’Union européenne pour qu’elle donne le bon exemple. Et montrer que le sommet de Durban de cette année peut commencer ici.
Une des choses concrètes sur lequel avancer, c’est que la Belgique défende un plan de réduction de 30 à 40 % des émissions de gaz à effet de serre pour les pays de l’Union, sur base des chiffres des émissions de 1990. Le problème, c’est qu’on ne peut pas le faire pour l’instant, car seuls la Wallonie et Bruxelles ont déjà pris ces décisions, mais pas la Flandre. Et donc, sans unité au niveau du pays entier, on n’a pas de légitimité au niveau européen.
Sofie Sas. À Durban, il n’y aura malheureusement pas un ordre du jour ambitieux. Nous défendons qu’il faut préparer la suite de Kyoto. En effet, la première période d'engagement du protocole de Kyoto, qui est actuellement le seul accord international contraignant signé en 1997 et ratifié par 141 pays, expire en décembre 2012. Il faut dès maintenant envisager la suite.
La semaine dernière, une nouvelle étude est sortie qui concluait que les émissions de C02 ont encore augmenté en 2010. Même si on réalise tout ce qui a déjà été décidé dans les accords internationaux – mais pas encore réalisé à la date d’aujourd’hui – on ne peut pas réussir à limiter le réchauffement à seulement deux degrés maximum par rapport à la période préindustrielle. Il faut donc des plans bien plus ambitieux.
Sofie Sas. Il y a 10 000 kilomètres entre Bruxelles et Duran. On a voulu rentre visible le lien entre le Nord et le Sud, car nous défendons également que le nord de la planète a une responsabilité historique bien plus importante que le Sud.
Concrètement, nous voulons que 10 000 personnes fassent au moins un kilomètre pour le climat. Soit réellement, en participant à la manifestation. Soit, si c’est impossible pour certains de participer, en faisant dans leur quotidien un kilomètre engagé pour le climat. Ils peuvent alors le « réserver » sur notre site.
Lors du parcours de la manifestation, qui va de la gare du nord de Bruxelles à la gare du midi (c’est aussi symbolique, du nord vers le sud !), nous prévoyons deux arrêts, avec une animation de fanfares, représentant le Maroc et le Congo. Le Congo est d’ailleurs un pays qui subit une grande déforestation.
Sofie Sas. Oui, nous appelons aussi les participants à venir de manière originale, et bien sûr de la façon la plus écologique possible. On peut y participer à pied ou à vélo, ou encore, en caisse à savon. Chacun peut fabriquer quelque chose d’original, avec du matériau de récupération. Les trois meilleurs gagneront un abonnement à un transport en commun. Mais tous les participants au concours « caisse à savon » repartiront avec un petit souvenir. Pour s’inscrire et en savoir plus, rendez-vous sur notre site.

Samedi 3 décembre, 14 h, gare du nord. Surfez sur www.coalitionclimat.be.
http://www.coalitionclimat.be
La Coalition climat
Née en 2007 avec une première manifestation à Bruxelles, à l’occasion de la 13e Conférence de l’ONU sur les changements climatiques à Bali (Indonésie), la Coalition climat rassemble plusieurs organisations qui voulaient ensemble réagir à la problématique du réchauffement climatique de plus en plus urgente.
Au sein de la Coalition climat, il y a environ 70 organisations qui se regroupent en 3 familles : des organisations environnementales (WWF, Greenpeace, Bond Beter Leefmilieu), des organisations Nord-Sud (Oxfam-solidarité, CNCD-11.11.11) ainsi que des organisations sociales et socioculturelles (CSC, FGTB, Ligue des familles, scouts, Climat et Justice sociale). Depuis 2007, une manifestation est organisée chaque année en décembre, en plus d’activités et séminaires de formation.
Une économie durable et des emplois décents
La FGTB et la CSC appellent également à manifester le 3 décembre. Parmi les revendications, il y a également « la mise en place d’une transition juste vers une économie bas carbone, durable et verte, avec des emplois décents et le respect des droits sociaux ».