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9 novembre 2011 16:10 | Il y a : 196  jour(s)
| Thème: Jeunes, Gand, Zelzate, Jeunes

« C’est du belge » :: Les étudiants en visite dans le monde du travail

« C’est du belge » entend sortir les étudiants de leur tour d’ivoire universitaire et les plonger dans le monde du travail. Les 4 et 5 novembre, une activité de ce genre avait lieu à Zelzate et à Charleroi. Voici le compte rendu de ces deux journées à Zelzate.

Luis Muñoz

Ils étaient plus de quarante jeunes, ce week-end, à accompagner Comac, mouvement de jeunes du PTB, à Zelzate pour « C’est du belge ». Au programme : une visite aux aciéries Sidmar, un débat syndical, une visite à Médecine pour le Peuple et des enquêtes sociales. Nous résumons brièvement pour vous ce week-end chargé.

Vendredi 4 novembre au matin, les étudiants venus d’Anvers, Louvain-la-Neuve, Liège et Gand étaient attendus sur le site de Sidmar, dans la zone du canal de Gand. Sidmar fait partie du groupe ArcelorMittal, l’entreprise qui veut fermer une de ses unités de production à Liège. Notre visite à Sidmar commençait par une présentation insistant sur le prestige de l’entreprise ainsi que sur le fait que tous les gens qui y travaillent sont hyper qualifiés et que les accidents de travail n’y sont pas monnaie très courante.

L’une des statistiques les plus bizarres traitait du lien entre la productivité et le nombre de travailleurs : depuis 2000, cette productivité n’a fait que croître alors que, durant la même période, le nombre de travailleurs a constamment baissé. Après ce show délirant d’optimisme, nous avons été gratifiés d’une visite guidée dans l’usine même. Bien des étudiants n’avaient encore jamais vu une usine de près et ils en ont eu plein les yeux dès l’accès au premier site. Imposant est le terme qui s’impose ici, de même que « gigantesque » et « impressionnant ». Ce qui a surtout surpris, c’est le fait que les rampes d’escalier étaient très sales et couvertes de poussière. Les jeunes n’ont pas manqué de le faire remarquer aux orateurs du débat syndical.

Après-midi, le car a pris la direction de Zelzate. Une majorité des étudiants n’avaient jamais mis les pieds à Zelzate, mais l’accueil chaleureux à Médecine pour le Peuple nous a tout de suite rassurés. Pour commencer, il y a eu le débat syndical. Une femme qui travaille au nettoyage et deux ouvriers de Sidmar, ainsi que Dirk Goemaere, responsable à Zelzate de la section d’entreprise du PTB, ont fait part de leurs expériences à propos de l’usine. Leurs réponses étaient non seulement combatives, comme les propos de la femme de ménage qui nous a parlé de leur grève de 2007, mais souvent révélatrices également : un ouvrier nous a raconté que l’ouvrier moyen de Sidmar décède généralement trois ans après sa pension.

Pas d’excursion touristique

Nous avons également appris d’où venait cette poussière sur les rampes d’escalier : il s’agissait de particules fines, qui ne sont pas ce qu’il y a de mieux à respirer… Contrairement à ce matin, il n’y a plus eu de « show optimiste », mais plutôt un « show réaliste ».

Après le repas du soir, le groupe a été divisé en deux : une partie a eu droit à une visite guidée de la maison médicale de Médecine pour le Peuple et une autre s’est retrouvé chez Frans Van Acoleyen en personne. Depuis 27 ans, le docteur est conseiller communal PTB et, depuis 2006, il est accompagné de cinq autres camarades. Il nous a expliqué le principe du « rue-conseil-rue », le concept appliqué à Zelzate par le PTB, ce qui explique également son succès : en étant exactement au courant de ce qui se passe dans le quartier et dans la commune, on est près des gens et on peut plus facilement faire état au conseil communal des aspirations réelles de la population.

Samedi matin, nous avons été divisés en deux, une fois de plus : le premier groupe est allé faire des enquêtes sociales parmi la population et l’autre a pu profiter d’une « randonnée citadine » dans les rues de Gand. Pas tellement du type excursion touristique, d’ailleurs, cette randonnée, mais plutôt un parcours alternatif où nous avons visité divers endroits qui ont eu et ont toujours leur importance pour le mouvement de lutte. A Gand, autant dire la quasi-totalité de la ville, vu que, ces dernières années, les autorités communales ont choisi une voie qui n’est plus orientée sur les habitants d’aujourd’hui, mais plutôt sur les habitants… qui n’y habitent pas encore : les gens qui ont le capital qu’il faut pour l’injecter dans la ville. Et cela, nous l’avons bien vu durant le parcours et on nous l’a assez répété dans les enquêtes sociales. Durant ces enquêtes, nous avons pu rencontrer des habitants de la ville qui ont un engagement au sein du syndicat, au PTB et surtout aussi des simples citoyens : ainsi, cette personne qui travaille avec des handicapés mentaux et qui en parlait si bien, avec un profond respect. Ces personnes tout bonnement impressionnantes se sont chargées de la cerise sur le gâteau, ce qui fait que nous sommes restés sous le charme de notre samedi après-midi de « C’est du belge », cette année. Nous sommes rentrés chez nous, à Anvers, Louvain-La-Neuve, Liège et Gand, avec toute une série d’histoires et d’images que nous ne sommes pas près d’oublier.

« C’est du belge », c’est quelque chose qui décoiffe et ouvre le regard, et c’est le cas chaque année. Nous avons pu découvrir un monde que nous ne voyons guère souvent et notre respect pour la classe ouvrière n’en a que grandi. Cette édition était un grand cru. D’ici là, à bientôt, on remettra ça en 2012 !

Pour lire le rapport de la visite à Charleroi, cliquez ici.


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