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22 février 2012 15:17 | Il y a : 91  jour(s)
| Thème: Culture et histoire, Anvers, Dossier crise communautaire, Belgique

Centre culturel Zuiderpershuis à Anvers :: Culture mondiale et subsides flamands

Le centre de culture mondiale Zuiderpershuis risque de perdre ses subsides. Nous avons rencontré Lieve Peeters, qui y est responsable de la programmation et de la déclamation, pour évoquer ce problème, ainsi que le festival Capitalent.

Johan De Vos

Ben Hamidou est brillant dans son spectacle plein d’humour, Sainte Fatima de Molem.(Photo Daniel Locus)

Strange Fruit, du Théâtre Varia, est une pièce musicale avec beaucoup de monde sur scène et, entre autres, des musiciens de Guadeloupe. Le spectacle est joué le 9 mars et placé sous le signe de la Journée des femmes. (Photo Capitalent)

Dans Rue du Croissant, Mohamed Ouachen parle d’un événement qui s’est passé dans sa rue. Est-ce un accident, une agression ou un attentat ? (Photo Koen Broos)

Avec Blue Key Identity, il s’agit en fait de l’idée de ce que donne une conversation entre les deux personnes sur scène et leur mère dans leur pays d’origine, la Syrie et le Congo. (Photo Capitalent)

Dans À portée de crachat, un Palestinien raconte son retour à Paris et ses difficultés pour retourner ensuite en Israël. (Photo Capitalent)

La Zuiderpershuis se caractérise par un magnifique programme de théâtre, musique, festivals et déclamation. Ce faisant, elle jette un pont entre les cultures et communautés occidentales et les autres. D’ici peu débutera le festival de théâtre Capitalent.

Qu’est-ce que le festival Capitalent ?
    Lieve Peeters.
Ce sont cinq représentations théâtrales, et le titre renvoie au talent de la capitale.

Comment y êtes-vous venue ?

Lieve Peeters. C’est venu par la politique. J’ai entendu la N-VA affirmer que la langue française devait être quasiment supprimée ici. C’est grave ! Je me suis dit qu’en Flandre, nous ne savons guère ce qui se joue à Bruxelles et encore moins ce qui se passe en Wallonie. Notre mission, c’est de montrer la culture des autres communautés, et donc aussi des gens avec qui nous cohabitons dans ce pays. Les spectacles que nous montrons sont tout au plus joués au KVS de Bruxelles (Théâtre royal néerlandophone), mais jamais en Flandre.

À quoi devons-nous nous attendre ?
    Lieve Peeters.
Ce sont cinq spectacles magnifiques, et tous différents. Il est difficile d’exprimer une préférence. Par exemple Strange Fruit du Théâtre Varia. Il s’agit du classique de jazz du même nom chanté par Billy Holliday, en 1938. C’est du théâtre musical, avec beaucoup de monde sur scène et entre autres des musiciens de Guadeloupe. On y pose la question de savoir si cette chanson a, en effet, contribué à la lutte contre le racisme.
    À portée de crachat est une histoire autobiographique écrite par un Palestinien qui vit en Israël. Il nous raconte comment on l’a traité. Il se rend à Paris et évoque les difficultés qu’il rencontre pour rentrer à nouveau en Israël.
    Sainte Fatima de Molem est une pièce humoristique de Ben Hamidou. Molem, c’est Molenbeek. Il s’agit des souvenirs d’un immigré à propos de sa grand-mère, une femme berbère tatouée de 100 ans, il parle aussi de son école et de la vie chez lui.
    Dans Rue du Croissant, Mohamed Ouachen traite d’un événement qui s’est passé dans sa rue. Est-ce un accident, une agression ou un attentat ? Ce qui est remarquable, c’est que chacun réagit différemment. Même le chat.
    Avec Blue Key Identity, il s’agit en fait de l’idée de ce que donne une conversation entre les deux personnes sur scène et leur mère dans leur pays d’origine, la Syrie et le Congo. La pièce s’inscrit parfaitement dans l’actualité.

Les pièces seront jouées en français ?
    Lieve Peeters.
En effet, mais il y a des sous-titres. Le KVS a fait les traductions pour Rue du Croissant et Sainte Fatima de Molem. Les chansons de Strange Fruit ne sont pas traduites mais elles sont toutefois sous-titrées. Quant aux autres spectacles, Capitalent les a fait traduire.

Qu’en est-il des subsides ?
    Lieve Peeters.
Ça va mal. Nous avons reçu un avis négatif. Mercredi dernier, une lettre est arrivée, dans laquelle il était clairement stipulé que la Commission d’évaluation des centres artistiques, ateliers et festivals multidisciplinaires du gouvernement flamand a décidé de ne plus subsidier le centre. J’ai l’impression qu’ils ne croient pas ce que nous avons écrit. Il y a ici une nouvelle direction avec Markus de Bruin comme directeur artistique et Barbara Porteman comme directrice administrative. Avec ce centre, nous nous adressons aux jeunes. C’est ce que nous leur avons notifié, mais ils se demandent si nous allons vraiment le faire. On insinue que nous n’avons pas de publics divers. Et ma réponse est celle-ci : venez donc voir ! La vraie décision n’est pas encore tombée. Il s’agit de pré-décisions pour la période 2013 – 2016, mais nous savons aussi que le montant destiné à la culture diminue comme peau de chagrin.
    Dans notre mission, il est dit que nous devons ouvrir le débat, mais de débat, il n’est plus question. Entre-temps, l’agence de l’art a conseillé d’encore subventionner, mais pas pour le montant requis.
    Nous avons bien des catégories de publics, mais elles se mélangent. Dans le temps, si nous montions quelque chose pour les Marocains, seuls des Marocains venaient. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, le public est plus diversifié, en âge aussi. Dans le prolongement du théâtre et de la musique, il y a aussi le café, qui a clairement une fonction sociale. Quand un Sénégalais est nerveux parce qu’il doit faire une demande d’emploi et qu’il ne sait pas très bien comment s’y prendre, il va de soi qu’on l’aide. Si nous sommes subventionnés, nous avons aussi une fonction sociale, et nous entendons la garder.

Capitalent, Zuiderpershuis, Waalse Kaai, Antwerpen.
Du 29 février au 14 mars. Info: www.zuiderpershuis.be


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