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10 février 2011 14:17 | Il y a : 1  an(s)
| Thème: Communiqué de presse, Belgique, Désastres, Sécurité, PTB

Catastrophe ferroviaire de Buizingen : personne n’est responsable ?

Un an après le drame ferroviaire de Buizingen, qui a fait 18 morts et plus de 50 blessés, la Commission spéciale de la Chambre sur la sécurité du rail a apprêté ses conclusions pour les soumettre au vote en séance plénière, aujourd’hui, 10 février. Conclusion surprenante du rapport : « Personne n’est responsable ! »

Service de presse du PTB

« Et, là, on veut dire réellement personne », déclare Jean-Claude Challe, porte-parole de la section cheminots du PTB. « Ni la direction actuelle de la SNCB, ni les anciens patrons du rail – dont l’actuel secrétaire d’État Étienne Schouppe –, ni les ministres d’aujourd’hui, ni ceux non plus de l’époque. Incroyable ! »

 

L’une des conclusions du rapport dit qu’entre 1982 (catastrophe ferroviaire d’Aalter, 5 morts, 21 blessés) et 2010 (catastrophe ferroviaire de Buizingen, 18 morts, 50 blessés), « le niveau de la sécurité ferroviaire n’a pas connu la moindre amélioration significative ». Trois experts du rail disent qu’« en raison d’une confusion de décisions inefficaces entre 1982 et 2010 », un grave problème de sécurité est apparu à la SNCB.

 

Après la plus importante catastrophe ferroviaire de Belgique, il s’avère donc que la SNCB a négligé la sécurité des années durant. Pourtant, le rapport dit : « Personne n’est responsable ! » Après chaque accident mortel (pensez à Pécrot, en 2001 : 8 morts), on a promis de plancher sur un système de freinage automatique.

 

Personne n’est responsable ? La Commission de sécurité du rail est constituée d’hommes politiques de tous les partis. Les désignations des patrons du rail sont toujours des désignations politiques. Pensez à Schouppe (CD&V, patron de la SNCB durant 15 ans) ou à Jannie Haek (SP.a, SNCB-Holding). Dans la période 1982–2010, tous les partis, des libéraux aux verts, ont fourni tour à tour les ministres de tutelle de la SNCB (voyez la liste ci-dessous).

 

« Tous ont donc trempé dans l’affaire ! », déclare Jean-Claude Challe. « Les ministres successifs n’ont d’yeux que pour une chose, à la SNCB : démanteler et faire des économies. Des dizaines de gares et de lignes ont été supprimées, des dizaines de milliers de cheminots ont dû partir, le service colis ABX a été privatisé et vendu, les trains ont fini par être moins bien entretenus, les travaux ferroviaires ont été confiés en sous-traitance au privé… Et puis il y a aussi l’application des plans européens de libéralisation et la scission de la SNCB en trois parties séparées (Holding, Infrabel, SNCB), avec toutes les conséquences néfastes pour la ponctualité et la sécurité du trafic ferroviaire. »

 

Le groupe SNCB opte maintenant pour l’introduction rapide du système de freinage TBL1+. Selon des experts ferroviaires, ce système automatique n’est qu’un petit pas vers l’avant et il n’est pas compatible avec l’ETCS, plus sûr, proposé par l’Europe. Ce qui fait qu’Infrabel ne peut pas imposer le système aux autres opérateurs ferroviaires (privés ou étrangers), pourtant de plus en plus nombreux. La Belgique se traîne donc derrière le peloton européen, sur le plan de la sécurité du rail. Le PTB réclame l’introduction du système ETCS, plus sûr, au lieu de cette demi-mesure qu’est le TBL1+.

 

« Quand il s’agit de libéralisation ou de privatisation des services publics, les hommes politiques s’exclament en chœur : ‘C’est l’Europe qui l’impose’. Quand il s’agit de la sécurité du trafic ferroviaire, on se met d’un coup à développer son propre système (TBL1+), qui va à l’encontre des directives européennes », selon Jean-Claude Challe.

 

« Le PTB réclame des structures plus simples à la SNCB. En cas de problèmes, avec la scission en trois entreprises séparées, la chaîne de communication est aussi trois fois plus longue que lorsque la SNCB constituait encore un tout. En revenir à une entreprise ferroviaire publique semble donc la voie tout indiquée », ajoute Jean-Claude Challe.

 

« Enfin, des conditions de travail plus humaines sont nécessaires de toute urgence pour le personnel roulant. Une pause à la mi-service pour manger un morceau, boire une tasse de café ou aller à la toilette est la moindre des choses. Actuellement, le personnel roule souvent pendant neuf heures d’une seule traite et sans pause. Il vaut mieux un conducteur de train en forme qu’un homme fatigué risquant de s’assoupir », conclut le porte-parole de la section cheminots du parti de gauche.

 


Service de presse du PTB

Contact :

Sara Vanobbergen

0485 62 35 06

 

 

Les patrons politiques de la SNCB 
1981-1988 : Herman De Croo (PVV) 
1988-1992 : Jean-Luc Dehaene (CVP) 
1992-1994 : Guy Coëme (PS) (transports et entreprises publiques) 
1994-1995 : Elio Di Rupo (PS) (transports et entreprises publiques) 
1995-1999 : Michel Daerden (PS) (transports) 
1999-2003  Isabelle Durant (Ecolo) (mobilité et transports) 
2003 : Laurette Onkelinx (PS) (mobilité et transports) 
2003-2005 : Johan Vande Lanotte (SP.a) (entreprises publiques) (compétent pour la SNCB) 
2005-2007 : Bruno Tuybens (SP.a) (entreprises publiques) (compétent pour la SNCB) 
2007-2008 : Yves Leterme (CD&V) (budget, mobilité et réformes institutionnelles) 
De 2008 à nos jours : Étienne Schouppe (CD&V) (secrétaire d’État à la mobilité)/ Inge Vervotte (ministre de la Fonction publique)

 

 



 


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Ray, 19-02-11 16:28:
Bonjour à tous! Je ne suis affilié à aucun parti politique. Damned!!! permettez moi de prendre un petit exemple (qui peut expliquer pourquoi les autorités ne veulent pas satisfaire le citoyen et lui rendre une certaine justice(ou justesse?), dans la catastrophe de Buizingen et dans d'autres domaines aussi...Prenons le cas d'un iceberg, la base représente le citoyen (en-dessous des lois), ensuite nous avons le milieu de l'iceberg qui représente l'autorité (ministre,avocat,corps de police etc....etc....au-dessus des lois) et enfin,la partie supérieure de l'iceberg qui représente les personnes en-deçà des lois (Barack Obama, et tous les chefs d'états). Ce que je veux faire comprendre c'est que en étant au-dessus des lois, c'est peine perdue, les victimes n'auront pas gain de cause et cela je le déplore.... Le pire, et ce n'est pas du pessimisme,cela ne changera jamais (même dans 200 ans....)
DOMINIQUE, 16-02-11 16:28:
Je suis scandalisé de cette décision et en plus de cela, ces incapables ont des salaires à tomber par terre !!! La sncb est en 3 parties pour contenter le plus de monde possible.
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