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29 juin 2011 17:03 | Il y a : 329  jour(s)
| Thème: Belgique, Liège, Pauvreté/Riches

Carnets de Mahé, chienne de Didier Reynders :: Le héros caché des frères Dardenne

Carnets retranscrits par Marco Van Hees

Surprenante photo ! Mon maître aux côtés des frères Dardenne. D’un côté, le ministre qui parle à l’oreille des riches, de l’autre, les cinéastes qui filment à l’épaule des pauvres. Bon, OK, l’un comme les autres sont originaires de la région liégeoise. Mais, à ce compte là, il pourrait aussi avoir un poster de Julien Lahaut – le Che Guevara sérésien  – dans sa chambre... 

Je me suis d’abord dit qu’il confondait peut-être frères Dardenne et Albert Frère. Et puis, j’ai compris. Mais bien sûr, mon Didi est le père du Tax Shelter, cette mesure fiscale qui incite les investisseurs privés à injecter dans le cinéma belge les moyens financiers que les pouvoirs publics ne mettent pas. Ce qui lui donne le prétexte parfait pour fouler le tapis rouge du festival de Cannes aux frais de la princesse. Il pourrait au moins m’amener avec lui !

Vous savez que Laurette  – sa condisciple en études de droit qui est, avec lui, la seule ministre en fonction depuis 1999 – avait créé un plan Rosetta directement inspiré du titre d’un film des frères Dardenne. Ce qui doit rendre mon Didi un peu jaloux. Car la filmographie des frères, c’est lui qui la personnifie.

Prenez le film La Promesse. En matière de fiscalité, il en a fait des promesses ! Et même pas mal qu’il a tenues. Demandez aux patrons, si vous croyez que les politiciens ne tiennent jamais leurs engagements. 

Autre oeuvre bouleversante, Le Fils. Il est clair que c’est inspiré de la relation forte que mon maître entretenait avec feu Jean Gol, dont il était chef de cabinet et fils spirituel. Bien sûr, les frères ont pas mal trituré les faits pour que le scénario ne soit pas trop proche des faits réel.

Palme d’or 2005, L’Enfant raconte l’acte, terrible, de vendre son bébé à des trafiquants contre de l’argent. Là, ça crève les yeux : c’est directement inspiré des intérêts notionnels, le bébé de mon Didi. Sauf que lui, il donne le bébé et l’argent aux trafiquants. En même temps, ce n’est pas son argent à lui...

Pour la cuvée 2011, Le Gamin au vélo, sur l’absence du père, les frères ne se sont pas inspiré directement de mon maître, mais de son grand ami Albert Frère. S’ils ne s’étaient pas, ici aussi, un peu écarté des faits réels, ils l’auraient titré : Comment je suis devenu milliardaire sans papa. Et là, ils auraient décroché l’Oscar. 

Quant au Silence de Lorna, film de 2008 évoquant le mariage blanc, il préfigurait l’actuelle idylle entre Roland Duchâtelet, le repreneur du Standard de Lîtche et mon Didi, plus célèbre fan des Rouches. « Duchâtelet n’est pas du tout un rabique flamand, a-t-il déclaré. C’est un vrai professionnel. » Comme José Happart qui disait préférer un patron wallon à un ouvrier flamand, mon maître pourrait bien déclarer : « Je préfère un patron flamand à un ouvrier wallon. » 



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