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9 novembre 2010 15:05 | Il y a : 2  an(s)
| Thème: Belgique, Congo, Femmes, Femmes

Bukavu (Congo) :: Clôture de la Marche mondiale des femmes

La 3e édition internationale de la Marche Mondiale des Femmes (MMF) avait démarré à Bruxelles en mars dernier. Elle vient d’être clôturée, après avoir rassemblé des millions de femmes de par le monde, du 13 au 17 octobre 2010 à Bukavu, province du Sud Kivu en République Démocratique du Congo (RDC).

Fotoula Ioannidis

Pendant une semaine, Bukavu, envahie de banderoles, chants, défilés, slogans, rencontres, a accueilli 30 000 femmes venues d’associations de femmes, d’ONG et de syndicalistes du monde entier. (Photo Vroni Lemeire, Marche Mondiale des Femmes Belgique)

En Asie, des femmes de 10 pays d’Asie se sont réunies à Manille (Philippines). Elles ont notamment manifesté contre l'intervention, le contrôle et la présence militaire des Etats Unis dans le sud est asiatique. (Photo Coalition Against Trafficking In Women – Asia Pacific (CATW-AP))

En Europe, des femmes de 23 pays se sont rassemblées à Istanbul (Turquie) pour porter leurs revendication dans les rues : « Femmes, paix et liberté ». (Photo Nadia De Mond)

En Amérique, la MMF à Palenquero (Colombie) et le Mouvement des femmes contre la guerre et pour la paix, ainsi que d'autres mouvements populaires, ont dénoncé le conflit militaire en Colombie en protestant devant la base militaire de Palenquero, une des sept bases militaires où les Etats-Unis veulent s'installer pour un contrôle géostratégique régional. (Photo Agencia prensa rural)

Après la première édition de la MMF lancée en mars 2000 au Québec, et la deuxième action internationale en 2005, la 3e action a débuté le 8 mars 2010 avec des mobilisations nationales dans 52 pays et la participation de millions de femmes. Quatre revendications principales ont animé cette édition 2010 : le travail et l’autonomie économique des femmes, les violences envers les femmes, les biens communs et services publics et  paix et démilitarisation.
    La coordination belge avait organisé en mars 2010 une manifestation colorée avec des milliers de femmes dans les rues du centre de Bruxelles, des rencontres régionales et des interpellations des parlementaires ou des échevins ont été réalisées. Le 12 octobre dernier, 1 500 femmes ont participé à la clôture de l’action en Belgique, lors d’un rassemblement devant le Musée d’Afrique à Tervuren afin de célébrer en même temps le cinquantenaire de l’indépendance de la RDC. Une délégation de 31 femmes – en majorité des Congolaises de la diaspora en Belgique – sont parties vers Bukavu dès le lendemain pour participer à la clôture internationale de la MMF.

Banderoles, chants, défilés, rencontres

A Bukavu, la Marche mondiale des femmes a fait l’effet d’un ovni mais a constitué un challenge dans cette région symbolique pour les violences subies par les milliers de Congolaises fatiguées par la guerre depuis 1995. Pendant une semaine, la ville, envahie de banderoles, chants, défilés, slogans, rencontres, a changé de visage pour accueillir 30 000 femmes venues des associations de femmes, des ONG et une forte participation des syndicalistes du monde entier.
    Des femmes  de l’ensemble du Congo ont payé leur voyage elles-mêmes et ont voulu par leur présence montrer l’unité du Congo. Certaines ont marché pendant 80 kilomètres de Kaniola, ont pris des risques, bravé la peur pour témoigner et dénoncer les violences, les viols envers les femmes mais aussi pour demander une paix durable, la sécurité, la justice, la fin de l’impunité.
    Après 5 heures sur une piste dans une région ravagée par la guerre, une délégation internationale de 300 femmes a rendu hommage, avec 10 000 Congolaises, aux femmes enterrées vivantes en octobre 1999 dans la fosse commune à Mwenga (Kivu).
    La MMF à Bukavu n’est que le commencement d’un grand mouvement pour les femmes congolaises, elles représentent beaucoup d’espoirs après la surprise de rencontrer ces milliers de femmes venues des quatre coins du globe. Elles ont marqué cet événement symbolique en plantant l’arbre de la paix. Et comme dit Francine Ramackers, Congolaise du Kivu vivant à Bruxelles, « il faut maintenant un acte fort, une réponse à ces attentes. On a brisé le silence, aujourd’hui le monde entier sait. Les femmes de la MMF sont des émissaires mais ce n’est pas suffisant ! ».



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