
Ces 27 et 28 juin, les travailleurs de l’entreprise chimique Bayer à Anvers se prononçaient sur le projet de la convention collective de travail 2011-2012. Ce projet prévoit, entre autres choses, une augmentation du salaire brut de 3 %. Photo : en 2007, action du personnel de Bayer contre la sous-traitance. (Photo Solidaire, Ward Coenegrachts)
En outre, un projet séparé propose une réorganisation plus flexible du temps de travail. Ce projet marque une avancée intéressante pour les travailleurs puisqu’il considère le temps de douche comme temps de travail effectif. Bayer est la seconde entreprise chimique d’Anvers à proposer un projet CCT plus favorable aux travailleurs que la norme salariale de 0,3 % fixée par Arrêté Royal début avril.
Chez Evonik, une CCT de début juin prévoit une augmentation du salaire brut de 3 % ainsi qu’une hausse de la prime d’équipe jusqu’à 41 %. Pou encore, les 300 employés du producteur de silicone Dow Corning, à Seneffe, ont obtenu une hausse salariale de plus de 4%, au terme d’une grève de sept jours. Dès juillet, ils bénéficieront d’une hausse du salaire brut de 40 euros par mois et d’une prime unique. Un paquet d’avantages dont ils pourront une nouvelle fois profiter le 1er avril 2012. Les travailleurs qui partent en prépension conserveront 80 % de leur salaire. Quant au crédit-temps il sera possible dès 50 ans. Chez Solutia, à Gand, l’accord pris prévoit une hausse du salaire brut de 50 centimes d’euro par heure, en plus d’une prime unique sous la forme d’éco chèques.
Les délégations de plusieurs entreprises chimiques ont donc tout simplement mis au panier l’Arrêté Royal publié début avril et se retrouvent en conséquence dans le collimateur de la N-VA, qui qualifie ces accords de « violation des normes juridiques » et joue les gendarmes en réclamant un ferme blocage des salaires. En effet, rappelle la N-VA, selon la hiérarchie des sources de droit, l’AR est une norme juridique supérieure à la CCT sectorielle.
Pourtant, ce parti ne voit aucun inconvénient à ce que dans le secteur pétrolier, par exemple, des entreprises comme Exxonmobil paie 0% d’impôt sur plus de 5 milliards d’euros de bénéfices, plutôt que le taux officiel de 33,99%. La société Total Belgium, quant à elle, a organisé avec l’aide de hauts fonctionnaires des Finances des transferts de capitaux vers les îles des Bermudes, de sorte qu’elle ne paie pas le moindre impôt. Pour la N-VA, le sens de la légalité serait-il à géométrie variable ?