Alors qu'une petite élite récolte les fruits de l'exploitation des matières premières et de la hausse des prix alimentaires, la population n'a ni travail ni conditions de vie dignes. Et la plus grande partie de la population mondiale en souffre, tant dans les pays du Sud que, de manière croissante, dans ceux du Nord. Par exemple, lorsque des grosses entreprises de pêche pratiquent la pêche intensive en mer, elles ôtent leurs revenus aux communautés locales. Est-il étonnant que ces personnes partent chercher du travail ailleurs ? Le défi, aujourd'hui, n'est pas seulement de garantir les droits des migrants, mais également de combattre l'inégalité à l'échelle mondiale.
24 % des réfugiés dans le monde sont accueillis par l'Afrique, 55 % par l'Asie, et quelque 16 % par l'Europe. En Belgique vivent 36 871 réfugiés et demandeurs d'asile, mais, en Irak, ce sont 1 824 962 réfugiés et expatriés internes (réfugiés dans leur propre pays), 1 318 019 en Afghanistan, 4 041 642 au Pakistan, 312 961 en Serbie et au Kosovo, 204 419 au Burundi, 529 090 au Tchad... pour n'en citer que quelques-uns (chiffres de 2010 du UNHCR).
En Jordanie, 70 % de la population est d'origine étrangère, surtout des Palestiniens et Irakiens. Sur une population d'environ 6 millions de personnes de ce pays qui manque d'eau, il y a 453 075 personnes officiellement réfugiées. Et, au Kenya, plus de 750 000 réfugiés survivent. Les camps de réfugiés sont surpeuplés. Ils ont une capacité de seulement 100 000 personnes mais en abritent 400 000. La plus grande partie sont des Somaliens, qui ont fui l'interminable guerre civile de leur pays. Quand on parle d'une crise de l'accueil...
Beaucoup de demandeurs d'asile obtiennent une réponse négative à leur première demande de statut de réfugiés, sans explications suffisantes. Certains sont alors confrontés au manque d'assistance judiciaire, aux problèmes psychiques, aux barrières culturelles et linguistiques, à l'arrivée tardive de documents. Après avoir été mieux informés sur la procédure, ils introduisent la plupart du temps une deuxième demande. Selon les juristes et travailleurs sociaux, celle-ci est souvent acceptée.
Les personnes introduisant plus d'une demande sont pour la plupart tchétchènes, guinéennes, irakiennes, afghanes ou iraniennes. Les conditions de sécurité dans leur pays justifient largement cette nouvelle demande.
En septembre, cependant, le gouvernement en affaires courantes a décidé que ceux qui introduisent une nouvelle demande sont presque entièrement exclus du droit d'accueil. Et ce, alors que le tribunal du Travail a plus d'une fois condamné le ministre de l'Intégration sociale pour non-application de l'obligation européenne de traiter les demandeurs d'asile de manière humaine.
Milad est afghan, mais est né et a grandi en Iran, où ses parents avaient dû fuir. Il a cependant dû fuir à son tour, en raison de la nationalité de ses parents. En 2007, à 16 ans, il est arrivé en Belgique. Sa demande d'asile a été refusée, les services compétents ayant décrété qu'il pouvait sans problème aller en Afghanistan, pays où il n'a jamais mis les pieds et qu'il ne connaît que par les récits de ses parents sur les atrocités de la guerre. Milad n'y connaît personne et n'est évidemment pas désireux d'être envoyé dans un pays en proie à la violence. Fin 2008, début 2009, via un service social, il entre en contact avec un avocat qui contacte le Haut Commissariat aux réfugiés. Cette organisation des Nations-Unies confirme qu'il ne peut pas non plus retourner en Iran. Les instances belges doivent alors revoir son dossier sur la base de nouveaux documents. Ce qui dure plus d'un an, période durant laquelle il ne peut être logé dans un centre d'accueil. Pendant cette longue procédure, Milad est miraculeusement pris en charge par une famille. Il retourne à l'école et gagne petit à petit un peu de confiance en lui. Aujourd'hui, il parle le néerlandais, comprend le français et a un boulot...
" Les étrangers viennent en Belgique pour profiter de notre sécurité sociale. " Un vieux cliché qui a tout faux...
Les autorités britanniques, espagnoles, italiennes et américaines ont calculé que les immigrants contribuent plus au système de solidarité qu'ils n'en reçoivent. Et une vaste enquête de longue durée de l'université de Lille révèle que c'est aussi le cas en France. L'État dépense 47,9 milliards d'euros pour les immigrés, mais ces mêmes immigrés rapportent, en retour, 60,3 milliards à la caisse de sécurité sociale. Idem chez nous.
Le Centre pour l'égalité des chances a stipulé dans un rapport sur l'immigration que celle-ci entraîne plus de mise au travail et d'investissements. Ce qui s'ajoute à une enquête, réalisée dans 74 pays, qui conclut : " Si la population augmente d'1 % grâce à l'immigration, le PNB augmente également d'1 %. " L'UCL a aussi conclu d'une étude que l'immigration fait augmenter les revenus nationaux et les budgets publics, sans même tenir compte de la différence entre réfugiés, immigrés diplômés de l'université ou ayant une scolarité primaire. Apparemment, tous apportent une importante contribution à notre sécurité sociale.