La motion initialement prévue par le PS apportait « un soutien aux travailleurs d’ArcelorMittal ». Elle proposait également « la mobilisation de toute les forces vives afin d’envisager un scénario de reprise de la phase à chaud par des partenaires privés avec, pour ce faire, l’éventualité d’une reprise transitoire par les pouvoirs publics pour accompagner cette reprise ».
Ce dernier point à fait l’objet d’un débat car pour la conseillère communale du PTB, Nadia Moscufo, la nationalisation de la sidérurgie ne doit pas être transitoire et encore moins être une façon pour le privé de se faire de l’argent en rachetant au public une entreprise performante pour un prix dérisoire, comme cela a été le cas lors de la privatisation de Cockerill-Sambre en 1998. Grace à cette intervention, le point concernant la reprise transitoire par les pouvoirs publics pour faciliter une revente au privé a été retiré et les deux conseillers communaux du PTB ont alors pu soutenir la motion. En effet, le PTB se prononce pour une sidérurgie intégrée de préférence publique car seule une sidérurgie publique pourra garantir à long terme les 10 000 emplois concernés.
La motion a donc pu être votée à l’unanimité, mais non sans une intervention de la conseillère communale du PTB : « Nous avons soutenu cette motion dans le souci d’être un parti constructif. Mais nous regrettons que cette motion se place en dessous des revendications syndicales, à savoir la nationalisation de la sidérurgie intégrée à Liège, et ce n’est pas dans l’habitude de notre parti de se placer en dessous des revendications syndicales. Nous regrettons également que cette motion ne dénonce ni les mécanismes fiscaux dont a pu bénéficier Mittal, tels que les intérêts notionnels votés par le PS et le MR, ni les aides publiques offertes gracieusement à une entreprise qui n’entend pas les rembourser. »
Si, pour le MR, ces intérêts notionnels avaient permis à des entreprises d’engager du personnel et donc créer de l’emploi, de son côté, le PTB constate que les grandes entreprises bénéficient à coups de milliards des intérêts notionnels et que l’octroi de ceux-ci n’est pas lié à la création d’emploi.
Finalement, Nadia Moscufo a aussi profité du débat pour réitérer son soutien aux travailleurs d’ArcelorMittal et leurs organisations syndicales, dans leur combat exemplaire pour le maintien de leurs emplois.