Alain Mathot, bourgmestre socialiste de Seraing, avait en effet convié les délégations syndicales d’ArcelorMittal au conseil communal afin de leur présenter une motion de soutien aux travailleurs en lutte de l’usine sidérurgique liégeoise.
Fait inhabituel dans un conseil communal, les représentants syndicaux Jean-Luc Rader (FGTB MWB) et Jordan Atanasov (CSC METEA) ont pu prendre la parole en début de conseil. Ils ont rappelé leur volonté de mener le combat en front commun syndical pour le maintien d’une sidérurgie intégrée à Liège. La « phase à froid » ne sera pas viable sans une « phase à chaud » pour l’alimenter. Leur certitude est que l’avenir de la sidérurgie liégeoise se fera sans Mittal, au vu du spectacle affligeant que les responsables d’ArcelorMittal ont pu offrir lors des derniers débats télévisés. « Nous ne voulons plus travailler avec ces gens-là » a lancé Jean-Luc Rader.
Le bourgmestre de Seraing a alors proposé une motion de soutien aux travailleurs d’ArcelorMittal. Dans cette motion figurait notamment le constat que la décision d’ArcelorMittal de fermer définitivement la phase à chaud mettrait une fois de plus la région dans les difficultés en touchant dix-mille emplois directs et indirects. Et que cette fermeture priverait les finances communales, et donc les citoyens serésiens, de moyens financiers de nature à assurer les missions sociales et autres, qui sont imparties à la Ville de Seraing.
Jusque-là, la motion était partagée par tous. Mais l’incompréhension s’est fait sentir à la présentation des propositions concrètes que le bourgmestre a voulu joindre au texte. Il a annoncé vouloir donner priorité aux travailleurs d’ArcelorMittal dans l’attribution de logements sociaux ainsi que la mise à disposition d’un fonds de 25.000 € pour les travailleurs, les sous-traitants et les commerçants locaux, précarisés par cette fermeture.
Prendre ses responsabilités
En effet, ce genre de propositions s’adresse plus à des futurs chômeurs qu’à des travailleurs en lutte pour le maintien de leur outil ! C’est ce qu’a dénoncé pour sa part le conseiller communal du PTB, Hans Krammisch. Il a présenté une autre motion, demandant un soutien total à toutes les actions que les travailleurs décideront de mener avec leurs organisations syndicales. Il dénonce les centaines de millions d’euros d’aides publiques reçues par ArcelorMittal sans garantie de maintien de l’emploi, ainsi que les mécanismes de déductions fiscales octroyées à Mittal (1,3 milliards d’euros en 2009).
« Le PTB demande à la Région wallonne de prendre ses responsabilités et d’œuvrer pour une sidérurgie intégrée publique. Cela permettra au bassin sidérurgique liégeois de devenir non pas une source de profit pour des groupes industriels comme ArcelorMittal, mais de devenir une source pour favoriser l'emploi et la consommation dans la région » a conclu Hans Krammisch.
Réponse d’Alain Mathot : « Je n’ai aucun problème pour intégrer toute la motion du PTB à celle de la majorité communale, sauf le point sur la nationalisation ». Le PS et le MR ont voté contre la motion du PTB, Ecolo et le CDH se sont abstenus. On a alors entendu dans la salle : « Pour les banques, on trouve ce qu’il faut ! Et pour nous ? » ou encore « Nous sommes venus chercher l’aide de la ville de l’acier, on a obtenu de la pitié. »