Plan du site | Newsletter | Aide | RSS |
Loading
8 mars 2011 17:18 | Il y a : 1  an(s)
| Thème: Belgique, En direct des entreprises, Liège, Herstal, Seraing, AIP

AIP Liège :: « Un parti de gauche se devait d’être présent »

InBev, ArcelorMittal, Techspace Aéro… Autant d’entreprises de la région liégeoise bloquées par leurs travailleurs en ce vendredi 4 mars, journée d’action nationale contre le projet d’accord interprofessionnel. Le PTB a fait le tour des piquets dans une région rouge de colère.

Jonathan Lefèvre

« Voilà le PTB ! », s’exclame un travailleur à ses collègues dès qu’il voit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB et Nadia Moscufo, conseillère communale PTB d’Herstal, arriver au piquet. « Le seul parti qu’on verra aujourd’hui », sourient les grévistes. (Photo Solidaire)

Rendez-vous à La Braise à sept heures. Plus de 35 militants du parti sont là (dont une dizaine de membres de Comac, le mouvement de jeunes du PTB), prêts à se répartir les visites aux piquets. Mais avant le briefing de la journée, Raoul Hedebouw, porte-parole du parti et secrétaire de la province, a une annonce à faire. Le PTB fait parler de lui dans la Libre Belgique du jour : une étude démontre que chaque Belge est privé de 932 euros par mois (voir pages 10-11). Voilà qui donne encore plus d’enthousiasme à l’auditoire.

Nadia Moscufo, conseillère communale d’Herstal, accompagne Raoul. Première étape : InBev. Raoul entre directement dans le vif du sujet. Le temps de saluer tout le monde, il sort les photocopies de l’article. Les travailleurs sont très intéressés et embrayent directement sur leur lutte : « Tu vois qu’on a raison de se battre. » Après quelques explications sur la bonne entente des grévistes de la FGTB avec les syndicalistes de la CSC (qui n’avait pas appelé à la grève) et une invitation pour le barbecue de midi (« les saucisses seront prêtes à midi »), il est déjà temps de reprendre la voiture.

Café et saucisses

Direction Chertal ensuite, sur un site d’ArcelorMittal. Le piquet est moins dense. « Si quelques travailleurs suffisent à bloquer l’entrée de leur usine, aussi grosse soit-elle, ça montre l’adhésion de leurs collègues à la grève ! » se réjouit Raoul. « Voilà le PTB ! », s’exclame un travailleur à ses collègues dés qu’il voit Raoul et Nadia. « Le seul parti qu’on verra aujourd’hui », sourient les grévistes en faisant la bise à Nadia. Et Raoul de ressortir l’article de la Libre, qui suscite l’intérêt des travailleurs. «  Je croyais que tous les partis étaient pour cet accord interprofessionnel ? », s’interroge un militant. Raoul saute sur l’occasion pour rappeler que le PTB est le seul parti à être contre le projet d’accord interprofessionnel. Après le café offert par les ouvriers, et l’invitation habituelle (« les saucisses seront prêtes à midi »), le duo liégeois se met en route pour le plus grand incinérateur du coin, chez Intradel. En plus des travailleurs du site, le personnel des parcs à containers de la région est venu les soutenir. « On ne s’y attendait pas, ils sont venus spontanément », explique un travailleur d’Intradel à Raoul et Nadia. Le délégué principal des parcs à containers embraye : « On est ici pour soutenir les travailleurs du site, mais aussi pour dénoncer nos conditions de travail. Les agressions sont de plus en plus fréquentes. »

Prochain arrêt, Techspace Aéro, à Herstal, sur les hauteurs de Liège. Au rond-point proche, des travailleurs de plusieurs entreprises du zoning se sont unis pour le bloquer : « On veut montrer à nos patrons que nous sommes prêts à mener autant d’actions communes qu’il faudra pour rejeter cet accord. Et après aussi, car cet accord interprofessionnel préfigure d’autres menaces, venues de l’Union européenne, qui veut supprimer l’indexation de nos salaires. »

Le personnel de la maison médicale de Médecine pour le Peuple locale arrive avec des sucreries. Ils font le tour des piquets aussi. A peine le temps de discuter avec eux qu’il faut déjà reprendre la route, « revenez à midi, les saucisses seront prêtes ».

Blocage du rail

Dernière étape avant de rentrer à La Braise : la gare des Guillemins. Au fur et à mesure de la matinée, des rumeurs faisaient état d’un blocage des rails à 10 h 30 par des travailleurs de plusieurs secteurs. Le blocage de la gare est total. C’est l’occasion pour les militants de faire un premier bilan de la matinée : les industries du métal, de la chimie et de l’alimentation ont été bloquées, comme les grandes banques, le Forem, la centrale nucléaire de Tihange, les transports en commun et bien d’autres secteurs encore.

11 h 30, il est temps de prendre le chemin du retour. A La Braise, Raoul donne son avis sur cette matinée : « C’est un succès. De nombreux jeunes sont venus soutenir les grévistes. Un parti de gauche se devait d’être présent. Mais surtout, ce qui m’a fait plaisir, c’est que les travailleurs en grève parlaient beaucoup des actions prévues à la fin du mois. Car ce n’est que le début d’une lutte plus large. Les gens ont vu aujourd’hui qu’ils pourraient compter sur le soutien de notre parti. »

Il est midi. C’est le moment pour le groupe de se séparer. C’est aussi le moment pour Raoul et Nadia de se décider : où aller manger ? A cette heure-ci, les saucisses doivent être prêtes...

 

 


Réagir ?

Antonio, 10-03-11 11:41:
Des reportages comme celui-ci, vivant avec un zeste d'humour et qui sont en plus excellent sur le fond, on en redemande.
Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*





*
*