Le groupe AGC vient d’annoncer la perte de 173 emplois dans son usine de Moustier-sur-Sambre. « 173 travailleurs jetés dans la précarité par une entreprise qui fait des millions d’euros de bénéfices et qui ne paie quasiment pas d’impôt », s’indigne Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.
En effet, le service d’étude du PTB a épluché les comptes d’AGC. Le groupe de coordination d’AGC, AGC Europe services, enregistre 157 millions d’euros de bénéfice avec un taux d’impôt effectif de... 0,23 %, grâce en grande partie au mécanisme des intérêts notionnels.
La filiale Moustier 4 d’AGC a fait un bénéfice de 19,4 millions d’euros en 2010 avec un taux d’impôt de 6,57 %.
Remarquons aussi qu’alors que le bénéfice net (après impôts) est de 18,3 millions d’euros, les dividendes distribués à la maison-mère, AGC Glass Europe, s’élèvent à... 42,3 millions d’euros. Comment est-ce possible ? La filiale Moustier 4 a été vidée de ses avoirs, par prélèvement sur les bénéfices accumulés antérieurement et même par prélèvement (9 millions d’euros) sur le capital.
« C’est révoltant, il est temps qu’on mette fin à ce système d’intérêts notionnels, précise Raoul Hedebouw. Et quand on voit de telles déductions d’impôts et aussi de tels dividendes, AGC a largement les moyens de maintenir l’emploi à Moustier », continue Raoul Hedebouw.
Le parti de gauche remet d’ailleurs sur la table la proposition de loi Inbev d’interdire les licenciements dans les entreprises bénéficiaires.