
Une centaine de personnes se sont rassemblées dans l’après-midi ensoleillé du 27 septembre sur les escaliers de la Bourse de Bruxelles pour protester contre l’engagement des troupes et des F-16 belges en Afghanistan. (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)
Des militaires d’un très grand nombre d’États membres de l’Otan sont actifs en Afghanistan: Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Danemark, Norvège… Lors du Forum social européen de Malmö, des militants pour la paix de tous ces pays se sont retrouvés. Ils veulent tous le retrait de « leurs » troupes de l’Afghanistan. Arnljot Ask parle de la campagne norvégienne.
Le contingent norvégien en Aghanistan est composé de 580 soldats. Au départ, ils y avaient été envoyés pour six mois, mais le gouvernement y a bien vite ajouté 18 mois. La mission militaire n’a pourtant pas le soutien de l’opinion publique norvégienne, nous raconte Arnljot Ask : « Nous avons lancé la campagne il y a deux bonnes années, le 1er mai, le jour de la Fête du Travail, dans l’intention, dès le début, d’impliquer les gens dans l’action. Nous travaillons avec une pétition, « Pas de guerre en mon nom », qui exige le retrait des troupes norvégiennes de l’Afghanistan. Le texte explique qu’une approche militaire n’aboutira qu’au terrorisme et à l’insécurité, tant pour les Afghans que pour les pays mêmes participant à la guerre. La pétition demande au gouvernement norvégien de ne pas recourir à des moyens militaires pour aider les Afghans dans la reconstruction de leur pays. »
Mais cet appel rencontre-t-il du succès?
Arnljot Ask. Pour commencer, il faut savoir que tous les partis au Parlement sont pour la mission de l’Otan norvégienne en Afghanistan , explique Arnljot, cela rend malaisée la mise sur pied d’un large mouvement de masse. Mais nous sommes parvenus à rallier derrière notre campagne des grandes figures du monde syndical et culturel, et même un acteur connu de la télévision. Ainsi, la pétition a reçu beaucoup d’échos.
L’opinion publique est aujourd’hui majoritairement opposée à la présence des troupes norvégiennes en Afghanistan.
Arnljot Ask. Mais le gouvernement a tenté d’infléchir ce sentiment via une offensive de propagande. Quand un soldat norvégien a perdu la vie, l’affaire a été traitée avec beaucoup de chauvinisme dans tous les médias. Tout de suite après, les autorités organisaient une enquête avec une question à double sens : les Norvégiens devaient-ils continuer à s’engager en Afghanistan ? 60 % ont estimé que oui. Mais la question n’était pas de savoir si les militaires norvégiens devaient être actifs en Afghanistan. Le mouvement pour la paix a demandé à un bureau d’enquête d’organiser un nouveau sondage. Résultat : 55 % des personnes interrogées veulent le retrait des troupes norvégiennes et deux tiers ne veulent rien entendre d’un mélange d’approche militaire et humanitaire.
Et c’est précisément ce que fait l’Otan aujourd’hui, avec les fameuses « Provincial Reconstruction Teams ». Toutes les organisations humanitaires norvégiennes y sont carrément opposées , ainsi que la Croix-Rouge et Médecins sans frontières. Elles ont été furieuses quand un général norvégien a déclaré que « militaire » et « humanitaire » allaient bien ensemble : les soldats assureraient des tâches défensives, alors que les ONG interviendraient de façon offensive. »
Et que répondent les militants norvégiens pour la paix, quand on leur demande où va aller l’Afghanistan après un éventuel retrait des troupes ?
Arnljot Ask. Nous voulons des négociations de paix avec toutes les parties concernées ; ces négociations doivent aboutir à un accord de paix. En tout cas, il est clair que la poursuite de l’occupation ne fera qu’attiser davantage la guerre civile.