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22 novembre 2011 16:23 | Il y a : 182  jour(s)
| Thème: Belgique, Anvers, Justice, Racisme, Sécurité

Acquittement des agresseurs de Mohamed Bouazza

La semaine dernière, la cour d’appel d’Anvers a acquitté Yannik D.D. et Dimitri M. En mai 2006, les deux avaient pris en chasse le jeune Mohamed Bouazza (23 ans) qui avait fini par mourir noyé après sa chute dans l’Escaut.

Thomas Blommaert

Le 26 mai 2006, quelque quatre semaines après le meurtre de Mohamed Bouazza, environ 20 000 personnes manifestaient à Anvers contre le racisme. Pourtant, tout ce qui sentait un peu le racisme a été effacé lors du procès, estime Omar Bouazza, le frère de Mohamed. (Photo Solidaire, Vinciane )

« La nuit du 30 avril au 1er mai, deux types ivres se mettent en tête d’assassiner “un macaque”. La vitre de leur voiture a été brisée et ils veulent se venger. Mohamed Bouazza (23 ans) se trouve par hasard dans les parages et va le payer de sa vie. » Ainsi débutait notre interview d’Omar, le frère de Mohamed Bouazza, une semaine après la marche silencieuse organisée en sa mémoire, qui avait rassemblé 20 000 personnes. L’interview du frère de Mohamed était un appel poignant à la justice.

Une justice qui, pour la famille, est restée plus inaccessible que jamais. Il y a deux ans, en première instance, le tribunal avait condamné Yannik D.D. et Dimitri M. à une peine légère de deux mois de prison, 275 euros d’amende et 1500 euros de dommages et intérêts. À l’époque, le jugement statue que, « sous influence de l’alcool et de cocaïne, les deux ont engagé une chasse à l’homme contre Mohamed dans les rues du centre anversois. Dimitri M. avait l’intention de le renverser. Ils se sont encouragés l’un l’autre par contacts téléphoniques. Bouazza était mort de peur et se sentait traqué comme une bête. »

Pourtant, la semaine dernière, la Cour d’appel d’Anvers a acquitté le duo. Selon la Cour, ce soir-là, Mohamed n’était pas un passant ordinaire à Anvers, mais le type qui avait brisé la vitre de leur voiture. C’est pour cette raison que Yannick D.D. et Dimitri M. se seraient mis à le poursuivre. Leur intention était de le remettre aux mains de la police et de le faire condamner au remboursement des dommages occasionnés à leur voiture. « Bouazza a donc tenté d’échapper à son arrestation », conclut Carl Slabbaert, l’avocat de Yannick D.D.  

Ils passent d’agresseurs à victimes

Omar Bouazza, le frère de Mohamed, est stupéfait. « Le jugement en première instance était déjà relativement clément, mais celui-ci est pire que tout, nous a-t-il confié. Nous avons l’impression d’avoir été abandonnés. La Cour d’appel a fait de la victime l’auteur et des auteurs les victimes. Je suis sidéré que l’on ose affirmer que c’est Mohamed qui a brisé la vitre de la voiture à coups de pied, alors qu’il n’y a pas le moindre témoin et qu’aucune trace de verre n’a été retrouvée sur sa dépouille. »

Omar digère mal le jugement qui statue que les prévenus n’ont pas poursuivi son frère avec l’intention de le tuer. « Plusieurs personnes ont affirmé que, cette nuit-là, Yannik D.D. avait dit à mon frère : “Un macaque a défoncé la vitre de ma voiture et ce macaque, c’est toi. Aujourd’hui, je vais tuer un macaque et ce sera toi !” Cela me semble pourtant un indice suffisant. » Il constate en outre que tous les éléments qui réfèrent au racisme semblent avoir été gommés.

Pour Omar, les choses sont claires : des « influences » sont intervenues en coulisses. « Même notre avocat, Maître Jef Vermassen, nous a posé un lapin à la dernière audience. C’est inimaginable. Nous cherchons à présent un nouvel avocat pour voir ce que nous pouvons faire. »


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