Cet accord est important, car une fois que les grévistes de Liège, Ans, Anderlecht, etc., avaient repris le travail, la direction avait commencé à interpréter l'accord, et à instaurer des exceptions. Elle voulait, entre autres choses, dans des bureaux pilotes, laisser le choix individuel aux agents de travailler avec du « Merge » ou du « No Merge » (vérifier le courrier avant la sortie ou non). Cela aurait entraîné beaucoup de division. Et le management aurait ainsi introduit son plan de façon insidieuse, via des pressions (ou flatteries) individuelles, en dehors des syndicats. Il y aurait eu en conséquence des services avec Merge et d'autres avec du No Merge.
Pour cette raison, les trois syndicats sont restés sur leur position : l’accord doit valoir pour tout le monde. Ils ont fait comprendre à la direction qu'un mot d'ordre de grève national pouvait s'en suivre pour ne pas mettre en danger le résultat de la grève de Liège.
La direction a donc dû à nouveau reculer, et accepter le retrait total du projet de No Merge.
Réaction d'un syndicaliste bruxellois, soulagé : « Il faut se rendre compte combien c'est important. Entre 270 et 300 emplois sauvés. Ca veut dire que dans la réorganisation des tournées, on ne pourra pas nous ajouter autant de maisons que prévu initialement. Par exemple 80 maisons au lieu de 160. Chaque facteur y gagne, les anciens et les jeunes.
Je dis donc bravo et merci aux collègues de Liège, qui ont débrayé dès le début de la première étape du plan Horizon 2020. Bravo et merci aussi aux syndicats, parce qu'ils sont restés fermes sur la revendication. Ils n'ont pas accepté de chipotage, ils n'ont pas non plus accepté qu'on laisse le Merge ou No Merge au choix individuel de l'agent ce qui aurait été très dangereux, ça aurait cassé notre intérêt collectif. Et aussi parce qu'ils ont réussi à mener ça en front commun. »